L'autre jour je vous parlais du projet de tourisme spatial SpaceShipTwo, piloté par Burt Rutan, créateur d'avions géniaux et personnage inspiré. Si vous avez quelques minutes, écoutez-le parler de sa vision de l'évolution - ou plus précisément de l'absence d'évolution - depuis 25 ans en terme d'aéronautique et comment cela pourra changer.
Et on ne peux pas lui donner tort au monsieur. Pour que ça continue à bouger demain, il faut inspirer les gamins d'aujourd'hui.
Il y a deux ans s'éteignait Curtis Pitts. 60 ans auparavant, ce Monsieur s'était mis en tête de dessiner un petit avion d'acrobatie, qui ne serait bon qu'à faire cela et pas grand chose d'autre, et pour pas cher. De manière à maximiser les performances sans être obliger d'utiliser des matériaux trop chers, il opta pour la formule du petit-biplan-surmotorisé. Le biplan avait l'énorme avantage d'avoir des ailes très courtes, sur lesquelles il est possible de mettre quatre ailerons et non deux, ce qui voulait dire que le petit bolide allait pouvoir tourner des tonneaux à une vitesse phénoménale. Inconvénient du biplan : la trainée énorme des deux ailes et surtout des haubans qui viennent rigidifier l'ensemble.
Pitts créa donc juste après guerre l'avion que l'on décrit encore aujourd'hui comme "l'avion de voltige" et auquel se comparent tous les autres. Les grands constructeurs d'avions sont caractérisés par le fait que leur dessin est toujours inspiré. Et Pitts fait partie de cette catégorie. Le concept qu'il a imaginé il y a 60 ans, s'il a forcément évolué depuis sur les machines de série, n'a pas pris une ride. Les formes caractéristiques du Pitts Special - Little Stinker pour les intimes - sont toujours aussi efficaces et reconnaissables. On peut toujours l'acheter, soit tout fait, soit en kit, soit simplement les liasses. Et cet avion à toujours un succès fou auprès des pilotes, même si au sol on ne voit rien devant et qu'il est difficile à poser. Et auprès des foules également : Pitts est passé dans le vocabulaire commun et désigne tout ces petits biplans multicolores aux trajectoires improbables.
La France compte encore un certain nombre de Pitts, dont deux sur le plateau de la Ferté-Alais. Un petit monoplace S1S et un biplace S2B, qui a pris l'air hier.
Désormais, et pour coller un peu plus à l'esprit initial de Daedalum, je vais m'efforcer de vous relater l'actualité d'une poignée de projets aérospatiaux actuellement en développement et qui représentent aujourd'hui les vraies nouveautés et innovations en terme d'aéronautique. L'Aviation a eu 100 ans en 2003, et pendant ces 100 ans la croissance a connu plusieurs vitesses : rapide de 1914 à 1920, puis ralentie jusqu'en 1935, puis très rapide pendant la guerre jusqu'en 1945, puis une croissance sans précédent jusqu'à la fin des années 70 et depuis....plus grand chose, voire régression. Sait-on encore faire voler un avion commercial à vitesse supersonique ? Non. Les records établis dans les seventies resteront hors d'atteinte encore un bon bout de temps, et il faut s'attaquer à autre chose aujourd'hui pour innover.
Fini le temps du plus haut, plus loin, plus vite. On fait désormais dans le plus écologique, plus efficace, plus intelligent, plus automatique, plus rentable. Pour autant, ce n'en est pas moins louable, même si on ne fera jamais un film comme l'Etoffe des Héros sur les pilotes qui testent ces nouveaux avions et qui semblent bien ordinaires à côté d'un Chuck Yeager et son Bell X-1 ou d'un John Glenn assis au sommet de son pétard géant, prêt à défier le grand Ivan en orbite.
Ordinaires, pas tant que cela finalement. Je vous avais déjà fait part de mes pensées vis-à-vis de Bertrand Piccard et son projet Solar Impulse. Je continuerai à vous tenir au courant de l'avancée de ce projet, qui représente le vol écologique poussé à l'extrême, puisque à part l'énergie utilisée pour sa construction, Solar Impulse se contentera des rayons solaires pour faire le tour du monde. Au dernières nouvelles, 40 des 70 millions de dollars nécessaires au record sont assurés, via de solides sponsors. Vivement la suite !
Second projet d'intérêt : SpaceShipTwo ; SpaceShipTwo (SS2) représente la "démocratisation" de l'accès à l'espace. SS2 est le petit frère (mais grand par la taille) du petit SpaceShipOne (SS1). Vainqueur du X-Prize en 2004, SS1 fut le premier appareil construit, financé et testé par une compagnie privée à aller flirter avec les franges de l'atmosphère, à plus de 100km d'altitude.
Engoulevent. Un oiseau sombre. Qui se fond dans son environnement. Furtif. Un tel oiseau existe. Ce n'est pas le plus beau, pas le plus agile. Mais il est tout à fait spécial.
Engoulevent. Pas très sexy comme nom, me direz vous. C'est bien mieux en anglais : Nighthawk. Pouvait-on trouver un nom plus approprié pour cette superbe machine qu'est le F-117 ? Un avion furtif, le premier à voir le service opérationnel, qui opère de nuit, seul, en toute discrétion.
Son heure de gloire : le 16 janvier 1991. Le monde se réveille sur des images de bombardement "chirurgicaux" de bunkers irakiens aux premières heures de l'opération Desert Storm. Les F-117, sortis de l'ombre quelques mois auparavant après déjà 7 ans de service, reçoivent le baptême du feu. Une promenade de santé. Les F-117, réputés indétectables, survolent l'Irak et sa capitale Bagdad en toute impunité, sans être inquiétés. Les ballets de traceuses que l'on peut voir en boucle sur CNN n'y peuvent rien. Les avions volent. Les bombes tombent.
Seize ans plus tard, et à l'aube de son retrait du service actif, un F-117 était présent au Royal International Air Tattoo de Fairford. L'occasion pour moi de voir cette drôle d'oiseau pour la première fois. Il n'est pas très beau. Il n'est pas très agile. Mais bon Dieu qu'il est spécial. Un condensé de science-fiction volante. On a beau le connaitre, l'avoir vu dans les livres, à la télé, on a toujours l'impression d'observer un OVNI. A voir.
Par Hood,
mardi 7 août 2007 à 00:42 ::Air du Temps
Le Vexin au printemps, ça donnait ça, et en été, après les moissons, c'est différent mais tout aussi charmant... Petite balade dominicale sous le Soleil (enfin), à travers les champs, le long de l'Epte, en passant par les falaises de calcaire de la Seine et en finissant sur l'Oise