S'envoler est un art

Daedalum

dimanche 30 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part XV - Los Angeles & Malibu

Aujourd'hui étape peu chargée, que ce soit en contenu ou en kilomètre. Je pars de Pomona, grande banlieue Est de L.A., et je dois me rendre à Malibu, grande banlieue Ouest. C'est quand même 100km à vol d'oiseau. Rien de spécial au programme, si ce n'est me perdre dans L.A. et ses quartiers pour voir ce que c'est.

Je démarre relativement tard, et commence par chercher une station d'essence pas trop chère pour ravitailler titine et aussi trouver un hôtel avec WiFi. Comme d'hab, je squatte sur le parking pour balancer mon histoire de la veille sur le blog. Wive le sans fil. Ceci m'amène à Anaheim, à côté de Disneyworld. Prochaine étape : le centre ville, Downtown. Ca a beau être gigantesque, difficile de s'y perdre. Les rues sont orientés suivants les quatre points cardinaux, et une fois qu'on connait les numéros des principales highway qui quadrillent la ville, on s'y repère facilement. Bien plus que quand on débarque en région parisienne, par exemple...

J'avais regardé la veille dans le Routard ce qu'il y avait à voir à Los Angeles, et je n'avais pas trouvé grand chose qui vaille vraiment le détour. A L.A., on trouve des gens qui bossent, mais pas beaucoup de touristes... J'avais toutefois noté la présence du California Science Center, sorte de cité de la Vilette local, avec une "aerospace gallery". C'est toujours bon à prendre, en plus c'est gratis, alors je vais aller y faire un tour, sans trop savoir ce que je vais y trouver. Je prends donc la 91 direction Inglewood, que je traverse vers le nord. Aujourd'hui, comme tous les jours qui ont précédés et les suivants j'espère, soleil radieux et beau ciel bleu. Je cruise sur la highway, accoudé à la fenêtre de ma superbe Sonata qui attire tous les regards ("ils le vendent ça???").



J'arrive sur le parking du musée, et la grande surprise : en A-12 biplace, garé juste devant moi. Les A-12 étaient des monoplaces Mach 3.2, mais pour l'entrainement, quelques biplaces ont été réalisés, avec un backseat surélevé qui limitait la vitesse max à Mach 2. On pouvait aller plus vite si on voulait se débarrasser de l'instructeur... Celui est dans sa livrée d'origine, métal avec faux marquages USAF (ils étaient utilisés par la CIA), et est sans doute un des Blackbirds les mieux présentés que j'ai vu (le 8e maintenant). Le musée est très bien fait, très éducatif et plein de petites expériences à réaliser soi-même, de 7 à 77 ans. Pas beaucoup d'avions mais c'est peu importe, j'étais pas venu pour ça.





Je poursuis ensuite à travers le centre-ville et ses buildings, toujours impressionnants quand on est au pied. Je traverse Chinatown, passe le Dodgers Stadium, et tire vers le nord ouest sur l'I-5, direction Burbank. Burbank est le lieu historique des usines Lockheed, et je me suis dit, "allons voir ce qu'il en est aujourd'hui". Déception, je fais le tour une fois, deux fois, mais rien, à part un aéroport régional comme tant d'autres. Lockheed est bien planqué s'ils sont encore là.




Je repars au sud, direction Hollywood. Je passe à travers Universal City, ville dédiée à l'industrie du cinéma. Je passe quelques collines et arrive sur Hollywood Blvd et Sunset Blvd. C'est marrant d'y passer, mais finalement rien de bien folichon. On passe le Kodak Theater où sont remis les Oscars, on voit les étoiles sur le trottoir et les palmiers, c'est plein de faux superman et de faux charlie chaplin pour se faire prendre en photo.



Je passe mon chemin, et continue sur cet interminable Sunset Blvd. Il me fait traverser Beverly Hills, qui n'est rien d'autre qu'un quartier résidentiel - très huppé et très vert - mais pas plus intéressant qu'un autre. Au feu rouge, je m'arrête à côté de George Clooney, lui demande comment ça va, et il me répond qu'il est tout triste parce qu'il est tout seul et que si ça continue il va appeler la Croix Rouge. Je le laisse chougner, traverse Santa Monica pour rejoindre la Highway 1 qui longe la côte. Avec tout ça le temps a passé et nous voilà déjà au soleil couchant. J'arrive donc à Malibu après que le Soleil soit passé sous le Pacifique, et trouve mon camping qui donne en plein sur l'océan. La plage de Malibu n'a rien de particulier non plus, et pour la plupart privée.



Bilan de la journée, je n'ai pas trouvé à L.A. ce que j'avais ressenti à San Franciso ou San Diego : l'envie d'y revenir !


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samedi 29 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part XIV - Chino

Ce matin, grasse mat'. Las Vegas est la ville des couches-tard, et donc des lèves-tard, et j'en fais parti ! Après cinq nuit en camping à chasser les levers de soleil, ça fait du bien. Je ne m'éternise pas pour autant, et m'embarque sur l'Interstate qui doit m'emmener dans les environs de Los Angeles après 400km de bitume.

Je repasse par des paysages connus, puisque je referme "ma grande boucle du Sud" et retrouvant des noms que j'avais déjà croisé en quittant la Vallée de la Mort : Barstow, Mojave Nat'l Preserve, Victorville, San Bernadino (qui longe le tracé de l'ancienne Route 66 soit dit en passant).

Ma destination de la journée est Chino Airport. Rien de bien affriolant à Chino me direz-vous, qui est dans la grande banlieue de L.A., en dessous d'Ontario. Non effectivement, Chino c'est principalement de l'élevage intensif de bovins. J'ouvre d'ailleurs une parenthèse sur Los Angeles. On s'en fait vite une idée de béton et de buildings à perte de vue, mais finalement c'est relativement plat et relativement vert. Beaucoup de parcs, de palmiers, d'espaces verts vraiment verts. Et on peut très bien trouver, comme je le disais, des fermes et des élevages dans la grande banlieue.

Quittons nos boeufs et revenons à nos moutons. Si je vais à Chino, ce n'est pas pour y découvrir l'agriculture locale. Si je vais à Chino Airport, c'est parce que c'est l'un des rares grands sanctuaires de la restauration et de la préservation d'avions de collections au monde. A Chino est établi le Plane of Fame, qui est plus qu'un musée d'avions, c'est un musée volant. Au même titre qu'à la Ferté, Duxford ou Old Rhinebeck, la plupart des avions du Plane of Fame ont à la fois un vrai passé, avions historiques fidèlement restaurés, et également un vrai futur car ils sont en état de vol et volent d'ailleurs régulièrement.

Comme pour La Ferté, Duxford ou Old Rhinebeck, la collection du Plane of Fame ne date pas d'hier. Elle a été crée par Ed Maloney il y a 50 ans, et fidèlement complétée depuis sa mort par Steve Hinton, vainqueur de Reno, aujourd'hui directeur de course à bord de son T-33, grand copain de Stephen Grey et grand monsieur de l'aviation de collection tout court.

J'arrive à Chino en début d'après midi, m'acquitte de mon droit d'entrée et le bonheur commence. A la Ferté, on fait à la française : les avions sont en bon état et tous entassés dans un petit hangar pas très lumineux, parce que ma bonne dame on fait avec ce qu'on a. A Duxford, on fait à l'anglaise. Les avions sont impeccables, surtout les Spit, et ils sont rangés dans des ex-hangars impeccables de la RAF autour desquels l'herbe est verte et taillée, impeccable, et ou des vieux monsieurs boivent le thé accompagnés de leur lady, parce que ma bonne dame, ici on a un certain standing. A Chino, on fait à l'américaine. Les avions brillent, et ils sont mis en valeur dans des hangars énormes, dans lesquels on pourrait manger par terre et qui sont tous équipés pour les personnes handicapés, parce que ma bonne dame, on voit pas comment on pourrait faire autrement.



La collection du Plane of Fame est vraiment magnifique. J'en avais déjà eu un aperçu l'autre jour en visitant l'antenne de Valle, Arizona, de ce musée, mais le site de Chino est vraiment un cran au-dessus. Rien que la richesse de la collection est impressionnante : deux P-38, P-39, Dauntless, Panther, X-2, D-558, P-40C, P-80, F-86, P-47, toute la famille des Cat de Grumman, Spit, Hurricane, Zero, Rayden, OV-10, aile volante Northrop, les premiers jets allemands, Mig-17 et j'en passe. Ils sont tous là, et tous dans un état remarquable, et pour une grande majorité en état de vol. En plus de ça, les murs des hangars sont garnis de vitrines pleines d'une collection encore plus impressionantes de maquettes. On y trouve absolument tout, même les avions de courses de Reno.





Et par ailleurs, le musée continue de s'agrandir. On peut visiter les ateliers de restauration et s'apercevoir qu'il y a quelques beaux projets en cours, et pas des moindres : Airacobra, B-17, P-39, Bearcat... Quel boulot !




J'en prends une fois de plus plein les mirettes et m'en vais rejoindre mon hôtel à deux pas américains de là. Encore une fois, on doit à la volonté d'une paire d'hommes, comme Jean Salis et son fils, Stephen Gey et Ray Hanna et ici Ed Maloney et Steve Hinton pour créer et préserver les plus beaux coffres à jouets volants de la planète. Remercions-les !




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vendredi 28 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part XIII - Zion & Las Vegas

Encore levé tôt ce matin : la camping c'est sympa mais va falloir que ça s'arrête, je suis sensé être en vacances, pas me lever deux heures plus tôt que quand je bosse ! Bref, je sors la tête de la tente, et il fait frais mais ça va. Par contre un joli voile blanc couvre le ciel. Ca va être le jour ou se vérifie le vieil adage : "Pas de lumière, laisse l'appareil photo au vestiaire". Bon ben tant pis, on va pas se plaindre après deux semaines de ciel bleu. Je commence la journée par une balade à travers les formations de Bryce Canyon. C'est déjà quelque chose vu d'en haut, mais quand on marche et que le sol change de couleur au fur et à mesure qu'on descend, et qu'on est surplombé par ces grandes colonnes qui semblent assez fragiles, c'est encore mieux. De timides rayons de soleil viennent donner un peu de relief à tout ça de temps en temps. Un bout de la balade fait traverser "Wall Street", qui est une sorte de couloir ou les parois semblent se rejoindre au-dessus de votre tête. Bizarrement, un arbre arriver à pousser ici ou là.







11h, je quitte Bryce Canyon et reprend la route direction Las Vegas, 400km à l'Ouest. Sur le chemin, en suivant le cours de la Sevier River, on arrive sur le dernier parc de la série : Zion National Park. C'est un petit parc, au Nord du Grand Canyon, et encore différent des autres. Zion, c'est un canyon creusé par la Virgin river (pour la signification des noms locaux, je vous rappelle qu'on est en Utah, l'Etat des Mormons et de l'Eglise de Jesus et des Saints des Derniers Jours...), comme le Colorado a creusé le grand Canyon. Mais ici, les parois sont quasi-verticales et le fond du canyon relativement large et plat. On arrive par une magnifique route qui serpente à travers quelques mesas, on passe un tunnel creusé en 1930 pour les voitures de l'époque, ce qui s'accommode assez mal des campings-car d'aujourd'hui. C'est donc un ouvert dans un sens, puis dans l'autre, et on roule au milieu sous la voute.



Contrairement aux autres parcs qui peuvent quasiment se visiter complètement en voiture, à Zion on pose la voiture sur un grand parking et on monte dans un bus-navette qui marche au gaz naturel et qui parcourt une boucle d'une vingtaine de kilomètres à travers le Canyon en une heure et demi. Bon bien sûr on peut descendre du bus et se taper une rando mais j'ai joué le feignant, pas trop le temps (on devrait jamais dire ça en vacances !).





Il y a encore de la route jusqu'à Vegas. Je sors d'Utah, regagne une heure, traverse un petit bout d'Arizona et nous revoilà en Nevada. Je sors de l'Interstate un peu avant Vegas, histoire de passer devant Nellis AFB, sensée être une des bases aériennes les plus actives du monde. C'est là entre autre qu'ont lieu les exercices inter-alliés Red Flag. Et bien pendant la demi-heure nécessaire pour en faire le tour, j'ai pas entendu une seule postcombustion, même pas un Cessna en l'air. So much pour Nellis, je passe mon chemin.

Et là c'est le choc, pour rejoindre le Strip, je passe par North Las Vegas. Je suppose que personne ne passe jamais à North Las Vegas d'habitude, et préfèrent l'Interstate qui la contourne, parce que sinon tout le monde s'enfuirait en courant, et c'est ce que j'ai failli faire ! North Las Vegas, c'est un peu l'envers du décor de sa grande sœur : pauvreté, saleté, misère. Ici toutes les enseignes sont en espagnol. Je suppose que c'est dans ces quartiers que vit l'immense communauté hispanique qui est employée à servir les centaines de casinos et hôtels de Las Vegas. Pas joli joli, et quand on vient de passer cinq jours dans le monde de Disney en plein air, avec les petits oiseaux et les petits écureuils au milieu de paysages fabuleux, le contraste pique les yeux assez sévèrement.

A peine arrivé à Vegas et au retour à la civilisation, que j'ai envie d'en repartir aussi vite ! Je laisse vite North Las Vegas derrière moi, et continue sur Las Vegas Blvd, alias le Strip, accueilli par la Stratosphère Tower. Au sommet de celle-ci, des attractions "adrelanine-rushing" genre on vous fait tourner à tout allure au dessus de 150m de vide...

Ca y est j'arrive enfin dans la partie touristique, et touristes il y a ! Quel monde. Et quelle ville ! C'est du grand n'importe quoi en mode génial. On l'appelle Sin City, moi je dirais plutôt Fake City. Tout y est factice, on laisse sur sa droite le Pont des Soupirs au Venezia, la tour Eiffel, la Statue de la Liberté. Il y a des bikers sur des Harley-Davidson de folie partout dans les rues, se frayant un chemin à travers les limousines, versions berlines, Hummer, pick-up, que sais-je encore. Après avoir traversé l'Utah, cette ville ressemble à un exutoire géant pour tout la moralité de l'Amérique.



Mais ce n'est pas la ville pour les amateurs de photo en goguette solo. Las Vegas, c'est fait pour faire la fiesta entre potes. Et dans ce cas, ça doit être absolument génial. Sinon, ça ressemble à un mauvais rôle dans un grand décor de cinéma. Histoire de quand même immortaliser ça, je me fais le Strip de nuit avec le trépied pour ramener quelques trucs pas trop flous...








J'en repartirai finalement aussi vite que j'y suis venu. Demain, je reprends l'Interstate pour rentrer en Californie, rejoindre Los Angeles et commencer mon retour tranquillement vers Frisco..


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jeudi 27 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part XII - Bryce Canyon

Encore une belle nuit au clair de Lune, mais achevée tôt, car encore une fois je veux profiter des premiers rayons du soleil pour éclairer deux édifices qui étaient en contre-jour hier après midi : Landscape Arch et Double Arch. Levé 6h45, à 8h j'étais au pied de Landscape Arch, après avoir déjeuner, plier le campement et trotter une petite demi-heure pour arriver à l'arche.



J'ai bien fait de revenir, car elle est nettement plus belle ce matin. Et plus fine aussi. Ainsi éclairée, elle révèle toute sa fragilité. En 1991, un énorme bloc de 60t se détacha du milieu, la laissant encore plus fine qu'avant. L'érosion ne s'étant pas arrêtée à l'ouverture du parc, il est vraisemblable qu'un jour elle s'effondre complètement. Mais l'érosion ne s'étant pas arrêtée, de nouvelles arches naissent encore... Je tire ensuite le portrait à Double Arch, au nom assez équivoque...





Ensuite, de nouveau dans la voiture, et on tire plein ouest, direction Bryce Canyon. Pour ce faire, on traverse 500km d'Utah, avec toujours des paysages d'une variété rare et peints avec une palette de couleurs sans pareil. L'autoroute passe deux cols à plus de 2000m. AU fur et à mesure que je me rapproche de Bryce, la végétation reprend le dessus et au final on arrive par une vallée très verte, le long de la Sevier River. Finie la terre rouge...




En fait non ! Au pied de Bryce Canyon se situe Red Canyon, au nom tout aussi équivoque. En fait le coin est truffé de failles géologiques, et les différentes couches peuvent ressurgir n'importe où. Et c'est effectivement le cas de Bryce Canyon. Comme à Grand Canyon, on retrouve à Bryce tout un éventail de couches géologiques de variétés différentes et donc de couleurs différentes. Mais à Bryce, cette variété de couleurs joue dans des tons allant du rouge au blanc, via un subtil dégradé de nuances de rose, d'orange et d'ocre incroyables. Ce n'est pas un très grand Canyon par rapport à Grand Canyon, mais tellement plus beau ! Ici, pas de fleuve pour sculpter les reliefs, mais uniquement la pluie et la neige. Il faut dire qu'ici on est haut. Le camping est à 2400m, et le bout de la route à presque 2700m. Et ici, le travail de l'érosion a donné un résultat encore différent de celui de Grand Canyon, Monument Valley ou Arches. Ici, la pluie a sculpté des colonnes - Hoodoos en local - qui s'alignent les unes à coté des autres, comme une forêt pétrifiée. La légende indienne veut que ce soit un peuple mauvais qui a été pétrifié par le Grand Coyote pour punition.






Je fais le tour des points de vue en voiture, car je suis arrivé en milieu d'après midi et ça ne me laisse pas le temps de me lancer dans une excursion à pied. Peu importe, je me garde ça pour demain matin, encore un lever de soleil. Enfin si le Grand Coyote le veut bien, parce qu'un joli banc de cirrus annonciateur de rien de bon s'est installé en fin d'après midi, et il est fort probable que du mauvais temps passe par là dans pas très longtemps. Et à cette altitude, ça veut dire de la neige... On va encore déclencher le plan grand froid cette nuit !







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mercredi 26 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part XI - Arches National Park

Ce matin levé 6h30, parce que le programme de la journée s'avère chargé. En sortant de la tente, je découvre un magnifique levé de soleil sur Monument Valley ! Mon sang ne fait qu'un tour, je saute direct dans la voiture pour aller tirer un panoramique de ce spectacle magique.



De retour au camping, je plie la tente vite fait, profite du WiFi (il y pas de réseau GSM, mais il y a le WiFi dans ce coin du monde, c'est fun) et hop direction Arches National Park. En partant de Monument Valley, j'emprunte une route qui part à l'Est, et en regardant dans le rétro, cette vue me dit quelque chose. Quizz : où l'avais-je déjà vu ???



Quelques étapes sur le chemin toutefois. Premier arrêt à Gooseneck State Park, un surplomb qui donne sur le canyon de la San Juan river, qui serpente en dessinant de méandres profonds et réguliers. Et quand je dis serpente, ça serpente : en 6 miles de rivières, elle n'a avancé que d'1,5 miles.



Je poursuis ensuite sur une petite route recommandée par le Routard : Valley of the Gods, sorte de mini-Monument Valley. Arrivé à l'embranchement, je me rends compte que la route est en fait une piste... Bon, pourquoi pas, je sais changer une roue, donc ma petite Hyundai ça va être le moment de montrer ce que tu as dans le ventre. Et là je suis bien content de pas avoir eu une Mustang, parce que je l'aurai achevé sur cette piste. Au début ça allait bien, 40 MPH facile, mais tout s'est compliqué lorsque la route, pardon la piste, à commencer à ressembler à des montagnes russes, avec des passages à gué, des bosses que j'ai cru que j'allai resté posé en équilibre etc. Mais bon, Titine n'en n'a fait qu'une bouchée, bien pilotée il est vrai. Et Valley of the Gods dans tout ça ? Et bien effectivement, c'est une mini Monument Valley, et il vaut à mon humble avis mieux faire ça avant qu'après. C'est toutefois très joli, mais pas aussi majestueux que l'autre.





Je reprends la route direction Moab, ville au pied de Arches National Park. De fait je traverse 300km à travers l'Utah et rien que les paysages valent le détour. On trouve tous les reliefs, toutes les couleurs, toutes les végétations, toutes les textures. C'est assez incroyable. J'arrive enfin à Moab sur les coups de midi, et en profite pour ravitailler Titine et son conducteur.




J'entre ensuite dans le parc, et là encore, quel spectacle ! Ca ne s'arrête donc jamais ? :) On retrouve la même roche qu'à Monument Valley, la Navajo Sandstone, qui donne cette poussière rouge partout, avec ces magnifiques reflets sombres. Mais les reliefs sont différents. Ca ne ressemble à rien d'autres. Ici encore l'érosion à fait son travail d'artiste, mais pas avec la même patte qu'à Grand Canyon ou Monument Valley. Ici, une sous-couche de sel instable à fait craquer la croute rocheuse et l'a séparé en lamelles. L'eau a ensuite attaquer la roche et l'a creusé, sculpté, modelé, pour obtenir des résultats incroyables : un caillou de 3500t Ranger sinon on ne retrouve pas son chemin et des arches évidemment, d'où le nom du parc. De toute sortes : des fines, des longues, des massives, des fines, des aériennes.





Je parcours tout ça une première fois en faisant mon chemin vers le camping qui est au milieu du parc. Le site du camping est en lui-même somptueux. Je plante ma tente au pied d'un de ces monolithes rouges. Je m'en vais ensuite me balader à pied vers les différentes arches du parc, qui ont chacune leur petit nom. Landscape, Tunnel, Navajo, Partition, Double et bien sûr Delicate, la plus connue, et symbole de l'état de l'Utah.



Pour cette dernière, je prévois d'y aller pour le coucher du soleil, en espérant que la pleine Lune pointe le bout de son nez au dessus de l'Arche comme la veille à Monument Valley. Je prends mon sac photo en prévision, et commence la grimpette. Car autant pour les autres, la route amène quasiment au pied des arches, autant pour Delicate il faut crapahuter un peu. Elle se mérite. C'est la fin de journée, et j'oublie de manger un truc avant de partir, et du coup je me galère un peu sous le soleil pour arriver au bout. J'y arrive enfin et le spectacle est en encore une fois au rendez-vous. Delicate est seule au milieu d'un grande amphithéatre rouge-orange, comme si elle faisait son show, avec tout le monde assis autour d'elle, en attendant les derniers rayons du soleil. Derrière Delicate, rien. Ou plutôt si : une chaîne de montagne enneigée, un peu plus loin. Un bon résumé du coin. Je me trouve un coin sympa en attendant la Lune, mais celle si se fait attendre. Un peu trop à mon goût, car la lumière baisse et il faudra refaire les 3km de balade dans l'autre sens, et bien sûr ma torche est bien au chaud dans le coffre de la voiture.





19h45, je prends mes clics et mes clacs, tant pis pour la Lune, j'ai pas envie de passer la nuit ici. Je descends de mon rocher et essaye de m'habituer à l'obscurité. J'y arrive assez bien, mais tout de même, marcher de nuit sans lumière sur un chemin qu'on ne connait pas, et qui n'est balisé que par des cairns (vous savez, ces tas de cailloux plats empilés les un sur les autres), et bien autant c'est marrant sur 100m, autant ça devient vite une expérience intéressante, et un test de confiance en soi sur les 2900m restant. Heureusement, la Lune s'est enfin levée et vient éclairer le chemin de son obscure clarté comme disait l'autre. Retour au camping sur fond de Dark Side of The Moon, parce que définitivement, ici, on est n'est pas sur Terre.




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mardi 25 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part X - Monument Valley

Nuit moins froide que la précédente, mais pas forcément meilleure. Je me rends compte le matin qu'en fait mon tapis sol s'était dégonflé. Un peu tard pour s'en rendre compte... Je plie les gaules sur les coups de 9h30, en rangeant la tente pendant que le kawa fini de bouillir. Programme de la journée : heading East, en longeant le Grand Canyon sur une partie, puis un peu plus loin, visite du Navajo National Monument et enfin Monument Valley. 450km à travers l'Arizona pour finir en Utah, et changement de fuseau horaire à la clé.

Je roule donc en commençant par longer le Canyon sur sa rive sud, et m'arrête à quelques points de vue, dont Grandview Point et Desert View, histoire de varier les panoramas par rapport à mes photos de la veille. La visibilité est assez incroyable, on voit des sommets à plus de 100 miles de là.





J'enchaine la route, Cameron, Tuba City. Un petit vent frais fait qu'il ne fait pas si chaud, mais pourtant le soleil tape dur et la route est constamment constellé de mirages. C'est marrant de voir ces grandes lignes droites noires se finir en dessous de l'horizon, remplacée par du bleu ciel. Depuis quelques miles, je suis rentré en territoire Navajo. En fait une énorme réserve mixte Hopi/Navajo recouvre un bon paquet de terrain, à cheval sur Arizona et Utah. Depuis que j'ai quitté le territoire du Grand Canyon et ses pins Piñon, la terre est devenue bien plus rouge, les gens aussi et on sent qu'on est désormais bien bien loin de la richesse de la côte Ouest...



Premier arrêt au Navajo National Monument, qui est en fait un petit parc bien fichu qui explique pas mal de choses sur la culture et le mode de vie des Navajo, et tout cela articulé autour d'un vestige en superbe état de ruines troglodytes nichées au fond du Canyon de Betatakin.




Je reprends la route, direction Kayenta, et les premiers Mesa s'invitent sur l'horizon. Ce sont ces monticules rocheux énormes, semblant sortir de nulle part, qui font la renommer du coin et de Monument Valley en particulier. Vous vous souvenez, ces westerns de John Ford avec John Wayne, où la cavalerie arrivait juste à temps. C'était ici, à Monument Valley. Plus proche de nous, une scène de Forrest Gump aussi. Un panneau me signale que je suis désormais en Utah, et 200m plus loin, c'est l'entrée du parc. Là encore, je veux faire le coucher de soleil dans le parc, donc je file d'abord au camping pour monter la tente vite fait histoire d'éviter de faire ça à la lueur des phares.



Je repars ensuite sur le parc, et là mes amis, c'est beau à pleurer. Autant Grand Canyon c'est beau parce que c'est grand, autant là, c'est vraiment beau tout court. Un parcours d'une vingtaine de km de piste poussiéreuse vous emmene faire le tour de quelques Mesa qui rappelle quelques choses. On peut prendre soit sa voiture, soit un de ces pick-ups aménagés en transport de bétail - pardon de touristes - et pilotés à très grande vitesse par des Navajo. Il est 17h locale et le soleil est déjà bas, les ombres s'allonge et la lumière est magnifique.






La roche rouge a des reflets sombres de toute beauté, les apic sont impressionnants, le fond de la vallée et recouvert de buissons verdatres qui tranches avec le rouge de la roche et le bleu du ciel. Je mitraille à tout va. L'heure du coucher se rapproche, je fais winner titine sur la piste, yeeehhaaa, j'arrive presque à rattraper un pick-up de touristes.




J'arrive pour le coucher du soleil à John's Ford Point, qui embrasse un panorama superbe, surtout à ce moment de la journée. Plein ouest, le soleil se couche, et plein Est, c'est la pleine Lune qui se lève, au-dessus des Mesa. Instant magique.





19h30, le soleil est passé en dessous de l'horizon, qui est teinté de jaune orange à l'ouest, et de rouge-violet à l'est. Le parc ferme, je rentre sur le camping, en profite pour faire une lessive pendant que je checke mes mails sur le wifi local (à moins que ce ne soit l'inverse). Mon voisin de camping est un guide suisse allemand qui me parle de Genève et du Macumba... La nuit est limpide et avec la pleine Lune on y voit comme en plein jour. Dommage qu'il faille si vite quitter un tel endroit, mais demain on part vers le Nord, direction Arches Nat'l Park.




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lundi 24 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part IX - Grand Canyon

PUTAIN CA CAILLE ! Heureusement le duvet est bon, et la nuit se passe bien au chaud. Au levé - 6h - c'est une autre histoire, parce qu'il faut sortir du sac ! "Ouh nom de Dieu mais ça caille sa mère dans ce bled." 2°C, pas un de plus. Ca fait de la vapeur quand tu expires. Je mets 4 épaisseurs, les gants, le serre-tête, le cache-cou, me prépare un kawa bien chaud pendant que le voisin finit sa nuit dans la voiture avec le chauffage.

A 7h30, je suis sur les bords du canyon, direction Indian's Garden et Plateau Point, 10km plus loin et 950m plus bas. Je n'irai pas jusqu'au fond, rivière Colorado, parce que c'est encore plus loin et plus bas, et plus ça serait trop. La balade est déjà sensée durée 8h, ça va bien comme ça. Et depuis Plateau Point, on voit très bien la rivière. Je profite de la lumière matinale qui sculpte bien les reliefs pour prendre pas mal de photos lors de la descente. Le Canyon sous toutes ses coutures.





C'était déjà impressionnant d'en haut, mais ça l'est autant d'en bas. En plus on voit bien la différence de type de sol au fur et à mesure qu'on descend et qu'on parcourt les différentes couches géologiques. C'est comme compter les stries sur la souche d'un arbre, on a l'impression de remonter dans le temps.




Le temps d'ailleurs, quelle heure est il ? 10h30, ça y est je suis arrivé à Plateau Point. De là, on découvre encore un canyon dans le canyon, car le Colorado coule bien plus bas, couleur boue. Mais le voir serpenter la haut milieu et se dire que c'est lui l'artisan de cette sculpture, ça fait quelque chose.





Trêve à la contemplation, il est temps de faire demi-tour. J'ai mis trois heures pour descendre, ça veut dire au moins 5h pour remonter, plus les pauses et le miam, ça me ramènera en haut juste à temps. Fini le froideur matinale, le soleil et bien là et il fait chaud sous le bob. J'enfile mes sandwichs improvisés à Indians Garden, remplit les bouteilles d'eau, et allez, c'est parti pour la grande ascension. Et là surprise, je ne sais pas qui a mit de la potion magique dans mon café du matin, mais grimpe ça "like a fucking rocket" comme ils disent ici. En 2h30 je suis en haut, en faisant des pauses à chaque tiers, ou il y a une petite aire de repos (les sentiers locaux, les "trails", tenant de l'autoroute de rando). Lors d'une de ces pauses, je rencontre Tac, le gardien du Canyon. Perché sur son bloc rocheux qui surplombe le plateau de 300m apic, Tac l'écureuil surveille. Et il observe le ciel qui bleuoie et le canyon qui rougeoitt, et laisse facilement approcher. C'est bien pratique ce pays où les animaux font un peu moins leur chochotte et où il n'y a pas besoin de se trimballer un 600mm pour les prendre en photo.




Bon, ben voilà, il est 14h et je suis déjà en haut, avec 3h d'avance sur le planning... Que faire ? Parce que bon, le canyon je l'ai bien vu là, et avant le couché de soleil, il va pas beaucoup changer. Eh, mais il y avait ce musée hier devant lequel je suis passé ! Le Plame of Fame. Ni une, ni deux, je file me changer à la tente, enfourche ma Hyundai et hop, direction Valle pour faire la visite du musée.

Bien m'en prends puisqu'il s'y cache quelques oiseaux pas banals : Me109, Grumman Duck, A-26, Curtiss Robin, Stinson Reliant, Okha, Grumman F3F2, Constellation, Pitts avec double train (pour atterrir sur le dos) etc. 16h, il est temps de rentrer sur Grand Canyon pour le sunset. Je dois à un camion de ne pas avoir fait connaissance des policiers locaux, parce que s'il n'avait pas été là il y aurait bien eu 15 MPH de plus au compteur.




J'arrive à temps à Canyon, prends la navette gratuite qui parcourt le côté ouest du parc. Elle m'emmène à Hopi Point (les Hopi sont les indiens locaux avec les Navajo), qui embrasse un panorama plein Est sur le Canyon, parfait pour les photos. C'est difficile de rendre ce qu'est vraiment le Canyon en image. On a pas l'échelle des distances pour se faire une idée. Quand le soleil est bas toutefois, cela creuse les reliefs et découpe les ombres, ce qui permet de se faire une meilleure idée.






Je mitraille, donc, et à 18h15, quand la lumière devient trop faible, je me rentre sur le Village. J'en profite pour écrire quelques cartes, manger un morceau à la cafet' locale (parce que la bouffe que j'avais acheté se prépare en fait... au micro-onde, pas très pratique avec un réchaud à gaz...), et achète une carte routière pour les jours à venir. Demain, je quitte l'Arizona pour le 4e et dernier Etat de ma balade, l'Utah (prononcer IIIuuuutaa). Monument Valley dans un premier temps, puis Arches, puis Bryce et enfin Zion. Des kilomètres, mais surtout des belles choses en perspective.



dimanche 23 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part VIII - Direction Grand Canyon

1000 bornes à travers la campagne américaine, ça à beau être dépaysant, ça reste 1000 mille bornes et c'est chiant ! Départ de San Diego à dimanche 8H30. Mini étape sur la base de Hemet Ryan pour voir les Canadairs locaux. Passage par Palm Spings et ses champs d'éoliennes. On pousse jusqu'à croiser le Colorado, oasis de verdure parmi le désert. Bifurcation plein nord, en suivant le cours du fleuve. Les stations de sport nautiques se succèdent, et l'eau est recouverte de jet ski et autre speedboat. Il faut dire que le cadre est vraiment superbe. Ensuite on retire vers l'Est direction Flagstaff, Arizona, et on rebifurque au Nord un peu avant, dernière ligne droite avant le Grand Canyon. Tout ça sous un magnifique ciel bleu et une visi de malade.





A 50km de là je passe devant un petit aérodrome sur lequel trône un Constellation. Bigre ! Qu'est ce que ça fait là ça ? Réponse : c'est le musée Plame of Fame, AZ. Mince alors, moi je le voyais vachement pas içi, plutôt vers Tucson.



Mais il est déjà 17h30 et c'est fermé. Dommage :o(. Je pousse titine histoire d'arriver à Grand Canyon pour le coucher de soleil, estimé vers 18h30. J'arrive à 18h10, et découvre un spectacle incroyable. A donner le vertige. A perte de vue, un gouffre gigantesque, striée de couleur allant du jaune ocre au rouge latérite, avec des teintes de vert. Ca donne le vertige. Je tente quelques photos mais la lumière est déjà trop faible.



Le soleil se couche, et d'un coup la température chute - mais bien. Je me jete sur le camping avant qu'il fasse nuit. Rebelote, je monte la tente (vachement plus vite ce coup ci) et lance la popote avant la nuit noire. Un ranger passe me prévenir que la nuit s'annonce fraîche, environ 3°C. Re-bigre, c'est quoi ce pays ? Effectivement, ça commence à cailler sévère et je déclenche le plan grand froid : on sort les gros pulls, les gants, toutes les polaires et assimilé. Je prépare vite fait la balade du lendemain à la frontale et vais me coucher, parce que je prévois de partir tôt, la balade devant durer presque 9h, et je veux être de retour pour 17h pour voir le coucher de soleil.


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samedi 22 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part VII - San Diego

Beurk, en ouvrant les rideaux ce matin, ciel couvert et belle pluie continue... Ca démarre mal. J'attends que ça passe devant un film sur HBO, et m'active à partir de 10h30. Aucun programme dispo pour le show, le seul truc que je sais c'est que les portes s'ouvrent à 11h, sur la rive nord de Big Bay. Je m'y pointe à l'heure dite, et c'est un peu le merdier pour se garer, et en plus rive nord, ca veut dire face au soleil pour l'après-midi et donc le merdier pour les photos. Surtout que le temps qui vient de l'océan à l'air dégagé et la journée sera sans doute finalement meilleure que prévue.

En conséquence, je me dis que rester au Nord n'est pas du tout une bonne idée, même si j'ai déjà payé mon billet $30. De l'autre côté de Big Bay, il y a Coronado, qui donne face à la skyline de San Diego, soleil dans le dos et tout aussi prêt du circuit où vont courir les avions. Seul soucis, le parking c'est dans la rue et au parcmètre, durée max 2h. Va falloir faire des allers-retours. Je me trouve une place de choix au bord de l'eau, à côté d'un bon vrai San Diegain à la cool - take-it-easy-man - et d'un couple mexicano-anglais adorable avec qui on discutera destinations voyages entre deux courses.



Pour ceux qui ne connaissent pas, les Red Bull Air Race, c'est une compétition en plusieurs courses, tout autour du monde, dans laquelle 14 pilotes et leur avions s'affrontent sur des circuits formés par des pylônes gonflables, généralement installés sur l'eau, et qui forment des portes à l'intérieures desquelles les avions doivent slalomer, à la bonne altitude, bien à plat ou bien sur la tranche, et surtout le plus vite possible. Que ce soit à Abu Dhabi, Interlaken, Budapest, Londres, Porto, Perth, ces courses attirent de plus en plus de public. Il faut dire que le spectacle est au rendez-vous. Les avions volent au taquet, les trajectoires sont tendues, les virages serrés (10g) et parfois la porte est un peu trop près de l'avion. Dans ces cas là, la toile du pylône se déchire au contact de l'aile, et une équipe en Zodiac se dépêche d'aller remplacer le pylône explosé par un pylône tout neuf.





Le beau temps s'invite finalement, je crois que j'ai vraiment du bol avec la météo. Depuis le début, que du beau à trois gouttes près, alors qu'il a plu des cordes et même neigé dans les coins où je suis passés. Qualif, éliminatoires, quart de finale, demi-finale, les courses se déroulent, entre-coupées par des démonstrations diverses, US Coast Guard, Mig-17 Red Bull, Bo105 Red Bull, US Navy. Le spectacle est superbe, avec un arrière-plan à base de porte-avions, gratte-ciels et ciel bleu. Toutes les deux heures, je cours remettre trois pièces dans mon parc-metre histoire de pas devoir aller récupérer ma magnifique Hyundai dans une fourrière made in USA.





17h, fin de la course, victoire de l'Anglais Paul Bonhomme pour le grand plaisir du londonien sur ma droite. La lumière est superbe, j'en profite pour visiter Coronado, la petite ville parfaite avec du soleil, des jolies blondes qui baladent leur chiwawa, des belles bagnoles et de l'herbe bien verte tondue au millimètre. Puis Coronado bridge, qui surplombe Big Bay. Je file sur l'Aerospace Museum, certes fermé à cette heure, mais devant lequel trône.. un magnifique SR-71. Le 6e en 3 jour. Pas mal. Ensuite je redescend dans downtown, histoire de voir les grattes-ciels de près, passe devant l'USS Midway, porte-avions recyclé en musée. Le soleil se couche, et je repars sur Coronado pour conclure en beauté par une dernière photo : San Diego Bay by Night.



Ambiance différente de San Francisco, San Diego à l'air d'être un coin où il fait bon vivre. Grosse communauté mexicaine évidemment, la frontière est juste au sud de la ville (ceux qui ont vu Traffic reconnaitront). Beaucoup d'espaces verts, tout est propre, immense plage, superbe skyline, gens bronzés à la cool, ambiance surfeur. Je regrette d'y passer en coup de vent car il y a beaucoup de choses à y voir. Le zoo est de réputation mondiale, le Sea World vaut le détour, plus plein de musées dont l'USS Midway. Va falloir que je revienne dans le coin !



Demain, journée de transit vers le Grand Canyon. Une journée de route, 1000km. Miam. Au programme des jours suivants : érosion et camping. Erosion, parce que c'est ce qui a crée tous les parcs naturels que je vais visiter, et camping parce que c'est le mode le plus sympa et le plus pratique pour les visiter. Avec ça, rando au fond de Grand Canyon, Monument Valley, Arches National Park, Bryce Canyon, passage par Zion et arrivée sur Las Vegas. 5 nuits en camping, loin du monde et du WiFi. Rendez-vous dans quelques jours !


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vendredi 21 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part VI - Edwards AFB, Palmdale

Bon finalement il n'y pas tant de trains que ça la nuit et tant mieux. La nuit a quand même été courte et le levé un peu dur. Le rendez-vous est fixé à l'entrée de la base à 8h30, et j'ai une bonne demi-heure de route pour y aller. Ca parait tout prêt sur la carte, mais dans ce pays rien n'est petit. J'ai de la chance avec le temps, c'est nuageux partout à l'horizon mais au-dessus d'Antelope Valley, c'est le grand bleu. Je bifurque de la route 14 sur Rosamond Boulevard et traverse un premier lac salé, Rosamond Lake. Les noms semblent familier. J'arrive tout juste à l'heure à l'entrée de la base, qui nous accueille avec un joli parterre de la famille des Century Fighters, du F-100 au F-106.



On monte dans un bus, conduit par un retraité de la base et accompagné d'un guide également retraité et plein d'humour. On visite d'abord les quartiers vies de la base, qui est une petite ville de presque 8000 habitants et toutes ses dépendances. Puis le petit musée local, à base de protos et d'engins bizarres. Un SR-71 de plus à mon actif.




On enchaine ensuite par une visite du Dryden Flight Research Center, qui a vu voler tous les protos du X-1 au X-48. L'entrée n'est pas mal non plus : X-1E, X-15, X-29, F-104, F-8FBW et.. un SR-71 de plus à mon actif. On termine par un tour en bus sur la Flight Line, photos interdites. Et pour cause : F-22, V-22, F-117, B-1, F-16 modifiés, Global Hawk, ils sont tous là. Le lac salé s'étend à perte de vue. La base ne faillit pas à sa réputation, c'est Grand. L'esprit pionnier des années 50 à 70 à certes disparu et cela ressemble plutôt à de la mécanique bien huilée. Toutefois cela restera encore pour les années à venir, avec Mojave, le centre du monde aéronautique.






Le temps est passé très vite, il est déjà 15h, et j'ai encore de la route devant moi car ce soir je dors à San Diego, 350km au sud, sur la côte. Sur la route, je m'arrête à Palmdale, Plant 42. C'est encore plus protégé qu'Edwards, on ne voit rien. Là encore un tout petit musée, le Blackbird Park. Un SR-71 de plus et un A-12, plus rare, à mon actif.



Allez, je reprends la route, repasse dans la banlieue de L.A., un vendredi à 17h, quelle grande idée. Les bouchons sur cinq voies, c'est quelque chose. Mais finalement ça reste relativement fluide. Je descend toute la Californie sur l'Interstate 15 et arrive finalement à San Diego sur les coups de 19h30. Le mauvais temps prévu n'est pas là et ça s'annonce bien pour demain. Tant mieux parce que San Diego, ça se visite sous le soleil, et les Red Bull Air Race, c'est mieux sans nuage.


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jeudi 20 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part V - Mojave

Quoi de neuf depuis Shoshone ? Et bien moulte route et moulte belles choses à clé. Etant donné les prévisions météo qui annoncent un temps de mois de Janvier pour les deux jours à venir dans le coin, rien à sert d'y rester. Route vers le sud, traversée de zones désertes pleines de vide, de buissons qui roulent sur la route, de Joshua Trees aux formes torturées et de lacs salés. Première étape dans la banlieue très Est de Los Angeles, plus précisement Riverside, conté de San Bernadino. Je fais connaissance avec les autoroutes à cinq voies (plus deux bandes d'arrêt d'urgence, une de chaque côté) et les échangeurs à étages. Impressionnant au début, mais finalement bien fichu et pratique. Je m'arrête donc à March Field, aujourd'hui une base de C-17 de l'USAF, et qui héberge par ailleurs un joli petit musée en plein air. Avions certes poussiéreux, mais en bon état et une belle collection de l'inventaire de l'USAF depuis la fin de la guerre. Un SR-71 de plus à mon actif.




Puis retour vers le Nord, direction Antelope Valley, un plateau au Nord de Los Angeles, qui rassemble trois des haut lieu de l'aviation depuis la fin de la guerre également :
* Edwards Air Force Base, alias Muroc Field, que vous connaissez tous si vous avez vu ou lu l'Etoffe des Heros. C'est l'endroit d'où décolle tous les protos de l'USAF et de la NASA, l'endroit qui a vu naître le vol supersonique, le vol hypersonique, le décollage vertical, les avions furtifs, la navette spatiale et j'en passe. La liste des premiers vols effectués ici doit être écrit en taille 7 pour tenir sur un A4 recto verso.
* Mojave Airport, qui a changé de nom pour Mojave SpacePort depuis le succès en 2005 du premier vaisseau spatial civil, SpaceShipOne, construit par Scaled Composites qui a ses bureaux à Mojave, de même qu'Orbital Sciences, BAE, Flight Research Int'l etc. Bref, il règne à Mojave un esprit pionnier, qui faisait bien défaut dans l'aéronautique civile, mais j'en ai déjà parlé.
* Palmdale, Plant 42. Une base de l'Air Force qui ne contient que des usines : Lockheed Skunk Works, Boeing Phantom Works, Northrop Grumman. Bref l'endroit d'où sont sortis tous les black programs depuis le premier : le U-2. Puis les A-12/SR-71, F-117, Darkstar, Have Blue, et bien sûr le B-2.




La visite d'Edwards est prévue pour le lendemain, mais je suis déjà tout excité à l'idée de côtoyer un endroit qui m'a fait rêver depuis tout jeune. Les avions de record, c'est ici, les avions spéciaux, c'est ici, les avions spatiaux, c'est ici, les pilotes d'essais sans peur et sans reproche, c'est ici, le boui-boui de Pancho Barnes, c'était ici. Bref c'est un peu le centre du monde, le sommet de la Grande Ziggourrat pour paraphraser Tom Wolfe. Je coupe un peu dans la pampa, au milieu des Joshua Trees et des buissons qui roulent. La base est là, quelque part au Nord. Je roule, je roule, la route est droite et déserte, et puis un point sombre grossit à l'horizon sur le côté droit de la route. Un gigantesque panneau d'accueil, à l'américaine. Ca y est j'y suis : Edwards AFB.



Je prends une route que j'avais repéré sur Google Earth qui évite les postes de gardes et contourne le lac salé par l'Est. La base est énorme et il faut bien 1h pour en faire le tour. Au détour d'un virage, apparait le lac, gigantesque, plat, ocre, couvert de mirages. C'est le plus grand lac salé d'Amérique du Nord. Il contient 16 pistes d'atterrissage, de toutes dimensions et de toutes orientations, ce qui est bien pratique lorsqu'on doit se poser en urgence. A l'horizon s'alignent les hangars. Juste derrière, un gros grain s'abat sur Mojave. J'espère que c'est passager et que la pluie ne s'invitera pas pour la visite le lendemain, comme l'annonce la météo avec ce vilain front froid qui a fait tomber de la neige à South Tahoe et Yosemite depuis que j'en suis parti.



J'arrive enfin à Mojave au soleil couchant, avec un magnifique double arc-en-ciel en guise d'accueil. Mojave, c'est aussi un lieu de stockage pour avions civils en recherche d'emploi. On y voit quelques MD-11 de Swissair, et d'autres avions de compagnies américaines ayant fait faillite.



Je pose enfin mes valises, dans un motel qui longe la voie de chemin de fer. Vous savez ces longs convois de ferroutage, avec trois loco diesels qui tractent une tetrachiée de wagons, et qui mettent un coup de corne à chaque passage à niveau, comme dans les films. C'est super sympa dans les films, mais quand on "dort" à côté d'un passage à niveau, on s'en lasse assez vite. Allez, dodo quand même, demain levé tôt pour être à l'heure au rendez-vous à l'entrée de la base, et réaliser un autre rêve de gosse.


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mercredi 19 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part IV - Death Valley

Mes aïeux, quelle nuit ! Autant la première nuit à Yosemite avait été calme et bear-free, autant la seconde a eu son lot d'évenements. Je me pieute à 22h, tout fourbu de mon trek en prenant la précaution de boire une baignoire d'eau histoire d'éviter les courbatures. Conséquence logique, je me réveille en pleine nuit avec une envie pressante. Bon, je croise les doigts pour ne pas croiser Papa ours et Maman ourse sur les 50m qui me séparent des toilettes. Aller sans problème, retour sans problème. C'est au moment où je m'apprête à rentrer dans ma tente que j'entends juste sur ma gauche un tonitruant "GO BEAR GO GO, GO BEAR", et un faisceau de Maglite qui s'agite en tous sens. Rassemblant tout mon courage, je plonge dans ma tente jusqu'au fond de mon sac et referme illico la fermeture éclair. Dix secondes plus tard, un gros truc passe au galop juste devant ma tente en grognant, suivi de près par le Ranger qui continue à brailler tout ce qu'il peut pour effrayer la bestiole... Youpi !!! Dix secondes au toilettes en plus et on aurait bien rigolé, le ranger chassant l'ours chassant le Robin en calbute...

Je devenais donc de fait officiellement l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours. Forcément, après ça on met un peu plus de temps à se rendormir, en cherchant vainement la réponse à la question "Mais qu'est ce que je fous là ???" Et une heure après, encore un cas (ce coup, une variante : "GET OUT BEAR, GET LOST"), puis des coups de feu, puis encore un GO BEAR. Réveil 7h, personne ne m'a mangé une jambe pendant la nuit, tout va bien.

Je reprends donc la route, et il est temps car un gros front froid et en train de s'enfoncer dans les terres. A 10h, lorsque je repasse le Tioga, le ciel est bien couvert. Je rattrape mon retard sur le front qui descend comme moi vers le Sud, mais moins vite que moi. Bridgeport, Big Pine, Low Pine, et je bifurque direction la Vallée de la Mort, Death Valley en local. La route devient un long ruban rectiligne noir, avec personne dessus, et personne aux alentours, pendant une bonne centaine de km. En plein désert, on monte à 4000ft, puis on descend dans une première vallée à 2000ft, puis on remonte à 4000ft, sous un soleil de plomb (il y a des endroits pour ravitailler en liquide de refroidissement tellement les moteurs encaissent)



Et la on redescend à 0ft ! C'est pas tous les jours qu'on se tape plus de 3000m de dénivellé dans la journée, du Tioga Pass au fond de Death Valley, qui est en dessous du niveau de la mer. Et Death Valley, c'est un peu la Lune en couleur. C'est désertique. Le ciel est bleu foncé. Le soleil tape dur. Le fond est constitué d'un lac assechée, devenu aujourd'hui une grande étendu de sel et de poussière. Mais tout le spectacle de Death Valley réside dans les deux massifs qui la bordent à l'Ouest et surtout à l'Est. Des massifs rocheux jaunes, rouges, ocres, bruns, verts, blancs, on trouve toute la palette. Splendide.








Mais la contemplation sera de courte durée car le front froid me rattrape, et un vent phénoménale se lève dans la Vallée, soulevant un nuage de poussière et de sable qui bouche la visibilité. J'arrive au camping dans lequel j'avais prévu de passer la nuit : pas un chat, et pour cause, il n'est même pas immaginable de monter la tente avec un vent pareil. Il va falloir passer au plan B : un motel pas trop loin. Mais pas trop loin, ici, ca veut dire 100km. J'arrive donc en fin de journée, à Shoshone, Nevada, 3 pelés et un tondu, ambiance Bagdad Cafe. Le motel est miteux, cher, mais il a le mérite d'être là et d'avoir le WiFi. Une bonne douche pour enlever le sable des oreilles, et il est déjà temps de préparer la journée de demain. Le front froid continuant de descendre, la pluie arrive et le froid aussi. J'abandonne donc mon plan initial de poursuivre dans la Vallée de la Mort pour visiter un musée dans la banlieue de Los Angeles, avant de remonter sur Mojave et Edwards AFB.



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mardi 18 septembre 2007

Le Rêve Américain - Part III - South Lake Tahoe et Yosemite

Et voilà, on quitte Reno sur une magnifique victoire de Rare Bear après une course au coude à coude avec September Fury, qui cassera son moteur dans le dernier tour. Changement de style pour les jours à venir. On prend de l'altitude. Avec une étape à South Lake Tahoe dans un premier temps. Le Lake Tahoe, c'est un peu le havre de paix à la Californienne. Un joli petit lac à l'eau bien claire à 2000m d'altitude, bordé de pins et de sequoias. L'été c'est une station balnéaire huppée, l'hiver c'est une station de ski huppée. Mais c'est vraiment superbe. Dommage de n'y passer qu'en coup de vent. En plus j'avais dégoté un super motel à pas cher, tenu par une suisse allemande adorable, avec de grandes chambres tip-top en ordre.



C'est très joli, mais c'est pas forcément le monde des bisounours. Ici comme dans toutes les high sierra en été, le risque de feu de forêt est très grand, comme l'indique Smokey Bear. Le sol est juchée d'épine de pins sèches qui ne demandent qu'à s'embraser. De fait la plus grande vigilance est de rigueur, et les Rangers se chargeront de vous le rappeler le cas échéant.




Il est ensuite temps de prendre la route direction Yosemite Park si je ne veux pas arriver trop tard. J'ai beau avoir réservé l'emplacement de camping, c'est toujours plus agréable de planter sa tente... de jour, et je compte sur 4h de route. 4h de route effectivement pour arriver à l'entrée Est du parc, après un passage sur le Mono Lake et la montée du Tioga Pass (3031m) qui donne du fil à retordre à Titine qui est un relativement gros veau...



J'arrive donc dans le parc Yosemite à 17h30, ce qui me laisse a priori du temps pour faire la route qui me sépare du camping et arriver avant la nuit (19h30). La lumière de fin de journée est superbe et les panoramas aussi. Je m'arrête par ci pour un faire un, par là pour en faire un autre. Le parc est de toute beauté, constitué de grandes étendues de pins et de séquoias, de lacs, de formations géologiques toutes particulières. Si ça ne tenait qu'à moi, je m'arrêterai tous les 500m pour faire des photos.

Un coup d'oeil à la montre : 18h15 !!!! Oulala, mais je suis encore loin du camping et l'heure tourne. Il faut dire que le parc n'est pas petit (3000km²), et que tout le monde roule au pas pour admirer la contrée. Mince, va falloir que je m'énerve un peu si je veux dormir "confortablement" ce soir. En fait, il faut compter 1h30 pour rallier le camping depuis l'entrée Est. Et avec les photos, j'arrive enfin à Upper Pines Campground à 19h. La Yosemite Valley est déjà dans l'ombre. Ca va être chaud. J'arrive à l'entrée, le bureau d'accueil du camping est fermé depuis... 16h30. Fonctionnaires !!! Bon, je rentre avec la voiture, en espérant trouver mon emplacement libre, et on se débrouillera plus tard avec les Rangers. Cela étant dit, le camping est au pied d'une falaise de quasiment 1000m de haut, l'environnement est magnifique. Ouf l'emplacement est libre, j'y installe ma petite tente fissa, au milieu de motorhome gros comme des autobus. Evidemment je me galère parce que c'est ma nouvelle tente et je découvre le montage en live. Hop, c'est enfin monté tendu, mais ca y est il fait nuit. J'enchaine sur la bouffe avec mon nouveau réchaud ($50, alors qu'en fait on trouve des recharges CampingGaz même ici, je suis deg'), dans le noir, mais vu la gueule de la bouffe c'est peut être pas plus mal.

Je m'enfile ça vite fait, le stress retombe, et je prépare tranquillement ma balade du lendemain à la frontale. Mon choix est fait, ça sera un trek de 25km jusqu'au sommet de Glacier Point, en haut de la falaise qui surplombe le camping. Ce faisant un Ranger faisant sa ronde nocturne à la Maglite se pointe à ma table. Pas de soucis pour l'arrivée tardive, il avait bien prévu que je viendrai. On remplit la paperasse et il me fait un topo sur ... les ours. Et oui, Yosemite, c'est 3000km² préservés à l'état complètement sauvage, exception faite de la Yosemite Valley et des sentiers de rando. On y trouve donc toute la faune sauvage, dont loups et ours. Ces derniers ont bien compris que les campings étaient du pain béni pour eux quand il s'agit de se ravitailler. Et de fait ils viennent roder la nuit, à la recherche de nourriture, et difficile de tromper leur odorat. Ils ouvrent volontiers les voitures comme des boites de conserve si on a la malheur d'y oublier qqch qui sent bon, même du savon. Je vous parle pas des tentes. De fait là aussi les consignes sont strictes. Mon Ranger m'explique que tout ce qui a une odeur doit être enfermé dans un casier en métal fait exprès pour, les poubelles sont fermées/ renforcées, interdiction de jeter l'eau de vaisselle par terre etc. Ca n'empêche pas certains d'oublier, et donc les ours de continuer à roder. Que faire si on en croise un ? Là aussi c'est très simple, il faut l'agresser. Se pointer vers lui en braillant "GO BEAR, GO !!!" comme si on supportait l'équipe de foot du coin, faire du tintamarre avec ce qu'on à sous la main. Ca le fera sans doute fuir, et surtout ça alertera les voisins et les Rangers. En dernier recours , et au diable les écologistes, il faut caillaisser la pauvre bête pour la faire fuire. "Bien M'sieur, oui M'sieur".



Je range mes affaires et vais me coucher au fond de mon sac, quand j'entends au loin "Go bear, go !!!!". Humm, ambiance. Je prévois déjà ma lampe torche, la télécommande de l'alarme de la voiture et des munitions au cas où. Cela dit je suis bien crevé et m'endors de suite. La nuit fut calme, si ce n'est les trois ours que j'ai du tuer à mains nues parce qu'ils voulaient me piquer mon Yop les salauds, ... dans mes rêves bien sur.

Réveillé par le soleil à 7h30, le tente est encore là, la voiture aussi, les voisins aussi. Je me prépare vite fait et à 8h30, me voilà sur le Mist Trail, direction Nevada Falls dans un premier temps, puis Glacier Point "dans la foulée". J'avale les premiers 600m de dénivelé en 3h. Le panorama est somptueux, ici tout est grand et grandiose. Les photos ne rendent pas 1/10e de ce que ca peut être en vrai. Je continue gentiment les 8km qui me séparent de Glacier Point, ou je compte casser la graine vers 13h30. Sauf que les salauds me font d'abord redescendre de 300m, et donc remonter ensuite de 600m. Il est 13h, soleil au zénith, à 2000m+, avec 15km dans les pattes, c'est un peu galère et j'ai hâte d'arriver en haut. Finalement j'arriverai à 14h15, tout naze et ne pensant qu'aux sandwiches au fond de mon sac. Là haut le point de vue est superbe, je suis à l'aplomb du camping d'où je suis parti 5h30 plus tôt. Malheureusement la visi n'est pas très bonne car un incendie de forêt plus en aval disperse une fumée blanchâtre assez persistante. J'enfile tout mon miam, et je pars pour une sieste réparatrice. Heureusement le dernier bout de la balade n'est que de la descente jusqu'au fond de la vallée. Toutefois, 2h de descente, ça fait mal aux pattes aussi. J'arrive donc enfin en bas avant 18h, quasi-mort mais heureux après un superbe trek au milieu de panoramas gigantesques, d'apic vertigineux, de cascades, de séquoias, de petits écureuils pas farouches. Pas vu d'ours toutefois et peu de rapaces. Tant pis, de toutes façon je m'étais pas encombré du télé.






Demain on replie la tente, on retraverse le parc dans l'autre sens, on descend le Tioga Pass et direction le sud et la Vallée de la Mort. Finie l'altitude, on passe sous le niveau de la mer.


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lundi 17 septembre 2007

Mon Rêve Américain - Part II Bis - Reno Air Races

Quand j'avais 14 ans je lisais les Warbirds Worldwide que me passait mon oncle, et j'attendais toujours le numéro de fin d'année, car c'est celui qui relatait les courses de Reno de l'année. Et je bavais sur des noms comme Strega, Dago Red, Rare Bear, Precious Metal, Critical Mass, Super Corsair etc.



Reno, c'est le seul survivant d'un concept qui avait une bonne audience dans les années 30 : les courses d'avions. A l'époque il y en avait plusieurs sur le territoire américain, tout au long de l'année, récompensée par des sommes intéressantes. Des pilotes comme Jimmy Doolittle s'y firent un nom. Le concept est simple : un "hippodrome" balisé par des pylônes, des avions survitaminés qui doivent parcourir un certain nombre de tours et que le plus rapide gagne.

70 ans plus tard, il n'y a qu'à Reno qu'on peut encore voir cela. Mais en grand ! Reno Stead Airfield, c'est un plateau à 1500m dans la Sierra, à deux pas de la plus grande des petites villes du monde. Et pendant un semaine par an, c'est le rendez-vous des amateurs de métal hurlant de la planète. Ici, on voit des avions uniques. Tellement uniques qu'ils sont tous affublés d'un nom, et personne ne parle du Sea Fury rouge ou du Mustang violet, mais de September Fury ou de Voodoo. Unique parce que d'ailleurs, ce ne sont plus ni des Sea Fury, ni des Mustang. La forme générale est là, mais tout est modifié, allégé, gonflé dans un seul but : la vitesse. Et les moteurs développent pour certains plus de 4000ch (le double de la puissance initiale) et propulsent ces obus ailés à plus de 800km/h à 50m du sol. Et les vétérans Strega, Miss America, Precious Metal Rare Bear sont là et encore vigoureux.



Reno, ce n'est pas un meeting aérien. C'est une course. Une vraie, avec des circuits, des catégories, des écuries, des qualifs, des sponsors, des stands, des mécanos, des chronos, des dépassements, des sorties de trajectoires, des gagnants, des perdants, des casses mécaniques, des casses humaines aussi malheureusement. Alors, certes, entre deux courses, il y a une démo ou deux, mais c'est vraiment pour faire passer le temps. Et quand on y reste un peu de temps, on voit le moral des équipes évoluer au fur et à mesure des diverses fortunes et infortunes, on voit les moteurs se faire changer parce que cramé sur la dernière course et surtout on voit les mécanos polisher les avions comme des pierres précieuses.










Ce que je retiendrai de Reno, outre le rêve de gosse qui se réalise, outre les zincs exubérants, et les courses à 500mph, c'est l'esprit. Partout des gens adorables, passionnées par ce qu'ils voient, respectueux des autres, entamant la discussion en toute occasion. Bref, génial. J'y retournerai sans aucun doute, mais la semaine ce coup ci. Halte au blabla, laissons parler les photos.



samedi 15 septembre 2007

Mon Rêve Américain - Part II - Reno

Il parait que San Francisco est souvent plongé dans le brouillard, en fait de la brume qui vient de l'Ocean. J'avais du mal à y croire après la superbe journée d'hier, mais aujourd'hui j'ai eu un aperçu de ce que ça pouvait être. Je mets les valises dans le coffre, destination finale Reno, en passant par quelques étapes intermédiaires.

Tout d'abord fin de la visite de San Francisco mais en voiture ce coup ci. C'est vrai que quand on conduit dans les rues de San Francisco, on comprend vite pourquoi quantité de réalisateurs y ont tourné des courses poursuites. Elles ont beau être toute droites sur des kilomètres, elles montent, elles descendent avec des pentes impressionnantes, coupées par de petits paliers quand elles croisent une autre rue, ce qui limite la visibilité aux 100 prochains mètres. Tout ça en stop/priorité à droite. Une expérience de conduite intéressante. Pour le coup on apprécie les boites automatiques.
Et puis il y a Lombard Street, qui est aussi toute droite sur des kilomètres, jusqu'à se transformer en un serpentin de 20m de large, qui ondule entre des parterres de fleurs. La rue la plus tordues de toute la ville, avec un paquet de touristes en haut, un autre en bas, photographiant un troisième lot de touristes, ceux qui comme moi descendent la rue avec leur voiture.

Ensuite direction l'Ouest de la ville, en prenant les rues des cable cars, jusqu'à Alamo Park pour faire la photo carte postale, celle avec les Sept Soeurs, les sept petites jolies maisons qui finissent de compléter le tableau de "La fête à la maison". Le ciel bleu se couvre gentiment de nuages bas venant de l'océan... J'espère que le Golden Gate ne sera pas dans le smog...
Je reprends la voiture et poursuis vers Golden Gate Park en passant par Ashbury Haight, le quartier qui a vu naître le mouvement hippie et où des Janis Joplin, Grateful Dead ou encore Jimmy Hendrix avaient leurs pieds à terre. Golden Gate Park, c'est le bois de Boulogne local, mais seulement pour les plantes vertes, sauf qu'on est aux USA, donc c'est la version XXL. Sur plusieurs km², un grand rectangle vert au sein de la ville bien agréable. Sur sa partie Ouest, il est bordé par North Beach, la grand plage de sable qui donne sur le Pacifique, ses vagues et ses requins.



Je remonte la plage vers le Nord direction le Golden Gate. Les nuages descendent gentiment, à moins que ce ne soit la route qui monte, et puis au détour d'un virage, voici le pont qui apparait. Du moins le bas du tablier, parce que tout le reste est dans la brume... Merdum. Mais en fait, en le traversant, la moitié Nord était à peu près dégagée.



Quelques photos plus tard, je reprends la route, traverse encore un pont sous un ciel radieux maintenant, direction Travis Air Force Base, base de KC-10 et de C-17, et autrefois base de bombardiers stratégiques. Le musée est en fait dans la base militaire, à deux pas de la piste. Il faut se présenter au Visitor Center, et là un sergent vous prend en charge et vous demande de le suivre en voiture jusqu'au musée. Pas de soucis, nous voilà au musée, le sergent me fait un petit signe de la main et ... "au revoir et bonne visite". Et me voilà petit Frenchie libre comme l'air au beau milieu d'une base militaire de l'US Air Force ! Et dire qu'à Roissy on a pas le droit de faire de photos pour cause de Vigipirate, ça laisse rêveur... Je visite le musée, avec des avions relativement bien entretenus sous un ciel limpide, avec entre autre un F-106 et un C-124 Globemaster II, une horreur de la génération des derniers avions de transport à pistons.





Sage comme une image, je quitte la base sans la visiter de fond en comble (ça serait con de finir à Guantanamo), et tire sur Reno. Bouchons sur Sacramento, puis superbe autoroute en serpentin au milieu des résineux pour monter jusqu'au Donner Pass (1800M) et vers 18h30 j'arrive enfin dans la plus grande des petites villes du monde, celle ou l'on peut divorcer en un jour, et dans le ciel de laquelle, 5 jours par an, volent les plus plus rapides des avions civils. La suite au prochain épisode...






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jeudi 13 septembre 2007

Mon Rêve Américain - Part I - San Francisco

Et bien mes amis, quelle entrée en matière ! Crapahute à pattes de 09h à 19h par une journée radieuse dans une ville sans pareil. Des rues aux pentes incroyables, des jolies petites maisons victoriennes multicolores, des buildings de verre, des petites places sympas, des "cable car" d'un autre siècle, des quais à n'en plus finir et qui vous emmène droit sur ... Alcatraz. Alors si ce n'est mes pieds qui trouvaient les chaussures un peu étroites sur la fin, j'aurai bien continué à m'y promener 10h de plus !







Pour aujoud'hui et les jours à venir, n'hésitez pas à utiliser la carte ci-dessous pour "localiser" les photos.


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Le voyage

Et voilà, après 11h de vol et 24h après m'être levé, je peux enfin me coucher... à San Francisco !! 8-) Voyage sans encombre, si ce n'est qu'une fois bien sanglé sur mon siège hublot, je vois "mamie-oxygène" arriver droit sur moi avec sa machine à oxygène à roulette. Bingo, elle sera donc ma voisine pour 10h de vol entre Londres et Frisco. Une fois assise, elle débranche sa canule de la machine et la branche directe sur la sortie des masques au plafond, vous savez ceux qu'on vous montre avant chaque décollage. Ambiance. Le sourire me revient une minute après, quand une bombe atomique arrive et s'assoie deux rangées devant, avec un décolleté qui pourrait être un bon aperçu de ce que peut être le Grand Canyon...

Et que je me penche pour ranger mon sac, et que je monte sur les sièges pour ranger mes bagages, bref difficile de ne pas la remarquer et toutes les mamans donnent des coups de talons dans les tibias des monsieurs qui font semblant de me pas profiter du spectacle. De mon côté j'aborde ma voisine : "File moi le masque à oxygène Mamie, sinon c'est moi qui vais faire un arrêt cardiaque". Là dessus l'hôtesse arrive : "Monsieur, vous désirez quelque chose ?" "Euh, oui, la jeune fille juste devant, là, s'il vous plait !".

Une fois la tornade passée, ma mâchoire retrouvée et l'avion décollé, je me surprend à contempler un tout autre spectacle par le hublot, beaucoup moins courant (et ayant beaucoup beaucoup moins d'admirateurs). En fait j'avais choisi un siège "hublot" pour pouvoir admirer l'Islande, le Groenland et les Rocheuses au cours du vol, mais il faut savoir que le siège 31A sur un 747 donne en plein sur l'aile, donc on contemple surtout l'aile, et éventuellement - au prix d'une douloureuse contorsion vers l'arrière - un bout du sol . Bref, nous décollons de Londres et partons vers le Nord-ouest ce qui amène le Soleil pile dans l'axe de l'aile, et fait alors apparaître les ondes de choc sur l'extrados. Superbe spectacle. La NASA avait bossé sur le sujet il y a quelques années pour identifier en vol la position des ondes de choc, mais avec un succès mitigé. Là, un beau trait d'ombre sur quasiment toute l'envergure matérialisait la position du choc aérodynamique, dû à la vitesse proche de Mach 1 (j'avais prévenu, c'est moins sexy qu'un 95D). Et au niveau 330, dans un air relativement calme, et bien l'onde de choc gigotait sur une amplitude d'un mètre à la grosse, alors que ce que ça doit être quand ça turbule !

Bref, je me remets de mes contemplations scientifico-poétiques, mate deux ou trois films, roupille à moitié en gardant un oeil sur la bombe de devant, et nous voilà San Francisco... caché par les nuages. Pas trop épais heureusement. Je récupère ma voiture, qui finalement n'est ni une Mustang ni un PT Cruiser (il n'y en avait plus) mais une ... Hyundaï Sonata ! Vive le rêve américain !

Bon, je prends la route 101 direction le centre ville, et arrive sans me perdre à l'hotel, à deux pas de Fisherman's Wharf. Il est 20h (5h heure française), mais je me décide à aller faire un tour pour voir et manger un morceau avant de me coucher. Il fait déjà nuit, pas grand chose à se mettre dans le viseur. Je me venge en allant boire une Bud au Hooters du coin. Petite photo d'ambiance pour ceux qui ne connaitraient pas...



Pour info, la fille dans l'avion était bien mieux que ça....

Allez au dodo !

mercredi 12 septembre 2007

Le Rêve Américain - Intro

Ca peut paraitre bête. Des millions de gens vivent en Californie, donc en soi y mettre les pieds n'a rien d'exceptionnel. Et pourtant.

Et pourtant, qu'on le veuille ou non, on grandit en entendant parler en permanence de ce qui s'y passe. San Francisco, L.A., Hollywood, Santa Barbara, Malibu, San Diego. Que des noms qui nous paraissent familiers, car sans cesse rabâchés au travers de la petite lucarne ou du grand écran. De fait, lorsqu'au final, on y met les pieds, ça a quelque chose de magique. Ca y est, on y est. Ca y est, cette vue sur la plage de Malibu, je la vois de mes yeux. Elles sont où les filles en maillot de bain rouges ? C'est ça la Californie.

Et puis tout le monde connait le Grand Canyon et Las Vegas. Tout le monde a vu les westerns tournés sur fond de Monument Valley. Tout le monde sait que Yosemite c'est haut, froid et plein d'ours. Tout le monde sait que la Vallée de la Mort, c'est bas, chaud à mourir et désert. Alors comme tout le monde, on a envie de voir ça.

Et quand par-dessus ça on est passionné d'aviation, l'Ouest américain c'est un peu le centre du monde. Parmi toutes les grandes avancées technologiques, tous les exploits de ces 60 dernières années, une grande majorité ont eu lieu là bas. Alors forcément, quand on est gosse est qu'on entend parler des courses de Reno - où les avions volent très vite et très bas, de la base d'Edwards - où volent les avions les plus modernes, des musées de Chino - remplis de warbirds, de Top Gun - école des as de l'US Navy, de Nellis - une des plus grandes bases au monde, de Groom Lake - alias Area 51, base top secrète, forcément tout ça reste gravé dans un coin de la mémoire. Un jour on se dit : "j'irai là-bas, voir ça de mes propres yeux". Et par un beau jour, on y est. Et ce jour-là, mine de rien, c'est un peu la magie du rêve américain qui opère.

Alors pour les 22 jours à venir, bienvenu dans mon rêve américain.


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lundi 10 septembre 2007

Almost Gone

Tente : Checked
Duvet : Checked
Carte mémoires : Checked
Caleçons propres : Checked
....

Derniers préparatifs, on essaye de penser à tout, on essaye de faire rentrer tout ça dans la valise, on se rend compte que ca va jamais tenir, on essaye de voir ce qui est indispensable, etc. etc.

Bref, J-1 avant l'aventure, et je suis à l'arrache !

dimanche 9 septembre 2007

Pontoise bis

Encore quelques unes pour la route








Pontoise

Comme tous les ans début septembre, un petit meeting sur l'aérodrome de Pontoise-Cormeilles, dans le Vexin. Mais plus années passent, plus le plateau est pauvre. Cette année, je me contenterai des répets





Une patrouille de yak pilotés par Krine et Baptiste Salis, l'Aeromach de Ali Osturk dans une démo hyper-dynamique, un Morane Paris très gracieux, voilà ce qu'on à ce mettre sous la dent. La PAF également et la patrouille Tranchant sur Fouga, ainsi que le Team Guinot.






jeudi 6 septembre 2007

Un ch'ti meeting pour la route

Dimanche, réveil 6h. Couché quelques heures plus tôt pour cause de mariage, c'est un peu dur. Mais allez hop debout, une chouette journée se profile. Rendez-vous est donné à 7h30 sur l'aérodrome de Chavenay avec Antoine et Fred pour allez faire un petit tour du côté du terrain de Lens-Bénifontaine, chez les Sang et Or (ceux du nord). Au programme quelques tagazous divers et variées, la patrouille Breitling rentrant de Bex, la démo de l'Alphajet et du Mirage 2000, Zephyr, Vampire, Jordanian Falcon, Cap 232. La météo s'annonce relativement bonne (du moins par rapport à ce qui nous tombe sur la tête depuis mai). Magneto 1+2, l'hélice du DR400 s'ébranle et nous voilà en l'air à 8h du mat en s'extirpant des brumes direction le ch'nord.

Une heure et quart de vol plus tard (j'en profite pour terminer ma nuit au fond du DR400), nous trouvons le terrain de Lens, à gauche derrière le terril. C'est un peu nuageux mais c'est sensé s'améliorer vers midi. On pose (comme une fleur), on parc parmi les avions de l'exposition statique, et on va prendre un café plus ou moins au soleil. Le meeting commence à 13h, ça nous laisse le temps de trainer nos guêtres et de saluer les têtes connues, dont toute la bande des Tators qui nous présenteront les avions au cours de l'après-midi.

Petite angoisse tout de même : on est sensé revenir à Chavenay à 21h après 1h20 de vol retour pour un atterro avant la nuit, soit un décollage dernier carat à 19h40. Or le Directeur des Vols nous annonce que la dernière démo finira à 19h35. Glurps, ca va être chaud les marrons. Le risque : devoir atterrir un peu n'importe où entre Lens et Chavenay quand la nuit tombera... Pas cool un dimanche soir quand on doit être au boulot le lundi matin... Mais bon c'est ça les joies du voyage aérien. Faut juste pas être exigeant sur les heures, voire les dates, de départ et d'arrivée.

On s'enfile un sandwich américain à l'huile et le meeting commence. L'axe de démo et surtout de décollage ne sont vraiment pas loin, surprenant pour un meeting français. Mais tellement mieux pour les photos. Exemple :





Vers 16h, le ciel se couvre gentillement mais surement, puis de moins en moins gentillement. Je sens déjà poindre l'instant à partir duquel la question ne sera plus "arriverons-nous à temps à Chavenay ?" mais "partirons-nous d'ici avant que le ciel ne nous tombe sur la tête". Et puis, comme souvent, en fin de journée tout s'éclaircit, les nuages s'éparpillent, laissant les avions danser dans une superbe lumière, en particulier l'Alphajet du sieur Bolduc qui nous fait trois-quatre pirouettes.






Mais bon , il n'y en a pas que pour eux...







Fin de journée, le Mirage 2000 clos le débat et met tout le monde d'accord sur fond de soleil couchant. On saute dans le DR400, magnéto 1+2, on aligne en bout de piste en saluant la foule comme si on allait voler la vedette au Mirage. Plein gaz face à l'Ouest, et hop, cap au sud après le terril...



Crédit : Fanaviation
Finalement, on posera à Chavenay à 20h55, après une nav avec quelques pouces d'admission en plus, histoire de pas trainer. Le tout par une superbe lumière rasante qui creuse le moindre relief, en passant Arras, Amiens, Lens, Pontoise. Superbe. Retour à la maison 22h, un yaourt et au lit. Quelle journée !