S'envoler est un art

Daedalum

samedi 30 août 2008

Et c'est parti !



Québec, me voilà !

Au programme, la Gaspésie et ses oiseaux, le Parc Forillon, les monts Chic-Chocs, la rive sud du Saint Laurent, le Charlevoix, Quebec, le parc de la Mauricie, Montreal, du sirop d'érable, des caribous, de la poutine, des ostis, un peu d'hydravion si possible, pas mal de rando, un peu de camping, beaucoup de nature, quelques villes et sans doute pas mal de bon temps en perspective. Moi aussi en revenant je pourrai dire "Je me souviens"... Un petit aperçu du trajet :


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Je vous donne rendez-vous dans deux semaines ! D'ici là, soyez sages, et fly safe !

jeudi 28 août 2008

Chevalier Noir, Chevalier Blanc

Ces dernières semaines, il a beaucoup été question de médailles - celles qu'on gagne dans un stade et celles qu'on gagne dans de mauvaises guerres - ou encore de futur-ex présidents des États-Unis. Il a aussi beaucoup été question d'un Chevalier Noir qui Bat-ait tous les records du box-office. Batman, the Dark Knight : chef d'oeuvre ou gros buzz ? Ni l'un ni l'autre finalement. J'avais adoré Batman Begins et la rupture esthétique et scénaristique qu'il avait établi vis à vis des quatre premiers qui tournaient gentiment au nanard. Finis les costumes de carnaval, les batailles 'Splashh, booummm, baaang" de dessins animés, Nolan nous plongeait directement dans le monde sombre de Frank Miller (celui de Sin City ou de 300) et nous a fait découvrir qui était vraiment ce super-héros dépourvu de super-pouvoirs et la bataille interne qui le ronge, pris entre justice et violence.


Quelques années après, on prend les mêmes, Nolan, Bale (vous savez, le gosse de l'Empire du Soleil), la Batmobile sorti d'un dépôt de l'US Army, on y rajoute un Joker plutôt flippant et on recommence. On secoue bien et on obtient un grand film, par la durée et par le contenu, mais sans la surprise qu'avait pu suscité Batman Begins. On est plus tout à fait dans le monde de la BD, on est pas encore dans celui du polar noir, on oscille entre les deux sur fond de règlement de compte à OK-Gotham. Alors chef d'oeuvre, sans doute pas, mais un très bon film qui mérite une grande partie du buzz médiatique qui l'auréole.


Quelques temps auparavant, trois milles kilomètres plus à l'Ouest, le monde avait pu faire connaissance avec un autre chevalier, blanc celui-ci, WhiteKnightTwo. Lui aussi il vole, mais dans un tout autre style, et c'est en juillet dernier que son concepteur l'a dévoilé, le "roll out" dans le jargon. La scène se passe sur le terrain de Mojave dans le désert californien, aussi vide et ensoleillé que Gotham City peut être peuplée et sombre. Pour le coup, il y a un peu plus de monde que d'habitude dans ce bout de désert, voire même du beau monde, et là encore un grand Buzz, astronaute de son état.


Exit les foules de passionnés qui avaient suivi avec force émotions le vol historique de SpaceShipOne, premier engin privé à atteindre les franges de l'espace, le parterre est constitué de gens sérieux - du moins c'est ce qu'ils disent - à savoir des businessmen et des journalistes. Il faut dire que la petite bande de furieux de Mojave a gagné ses lettres de noblesse et que les gens rigolent désormais beaucoup moins en parlant d'eux. Eux, c'est Scaled Composites, l'entreprise de Burt Rutan dont il a déjà souvent été question sur Daedalum. En 2002, Rutan avait marqué les esprits en faisant voler le WhiteKnight, avion porteur du SpaceShipOne, qui devait emmener ce dernier vers le succès. Le principe est simple, WhiteKnight emporte SpaceShipOne sous son aile jusqu'à une altitude de plus de 15.000m et le largue. Le petit suppo blanc allume alors son moteur fusée qui le propulse lui et ses occupants en dehors de l'atmosphère. Là encore, le père du Chevalier Blanc établissait une rupture esthétique et conceptuelle avec ce qui existait alors. Gigantesque structure composite bi-poutre, qui partage la même pointe avant que son petit frère SpaceShip, et tachetés de hublots ronds et noirs qui lui donnent vraiment l'impression de porter un heaume. J'avais adoré ce design, vraiment novateur, qui laissait entrevoir ce que pourrait être l'avenir du transport spatial.



Quelques années après, on prend les mêmes, Rutan, Branson (vous savez le proprio de l'Empire du disque), on y rajoute un objectif de rentabilité et on recommence. On secoue un peu (pas trop sinon ça explose) et on obtient un grand avion, par l'envergure et par le sens historique, mais sans la surprise qu'avait pu suscité WhiteKnight 1er du nom. Certes le fils (43m) est bien plus grand que son père (25m) et réaliser un aussi grand avion tout composite est un achèvement en soi. Certes le concept d'avion porteur ayant une grand communalité avec l'avion porté reste une prouesse. Mais pourtant si la parenté de WhiteKnightTwo avec son père est évidente (on peut aussi en voir une avec son oncle Global Flyer) il n'en reste pas moins qu'on voit réapparaître des formes et des concepts (cockpit, train, etc.) bien plus classiques qui réduisent - à mon goût - un peu l'esprit pionner de l'entreprise. Dommage pour le design, tant mieux pour la sécurité des passagers sans doute. Mais ne nous trompons pas, la seule ambition du Chevalier Blanc n'est pas de remporter un concours de beauté, mais de permettre d'ici quelques années de "démocratiser" le vol spatial et le rendre accessible à n'importe qui. Du moins, n'importe qui ayant 200.000$ en trop sur son compte en banque. On pourrait croire que cela réduirait fortement le nombre, mais pourtant il y a déjà plus de 250 inscrits sur liste d'attente ! SpaceShipTwo étant encore en construction, le premier vol commercial ne devrait pas avoir lieu avant 2011, emmenant les six premiers riches courageux à plus de 110km d'altitude.


Tout cela étant dit, ne boudons pas notre plaisir : noir ou blanc, les deux Chevaliers ont peut-être un air de déjà vu, mais ils marqueront tous deux l'Histoire à leur façon. Finalement, n'est ce pas cela, l'exploit ?

mardi 26 août 2008

Colorado


Si on m'avait dit qu'en emménageant à Salon, je serai à moins d'une heure de voiture du Colorado, je n'y aurais pas cru. Pour la bonne raison que la dernière fois que j'y suis allé, il m'a fallut 10h d'avions et autant de voiture. Et pourtant ce n'est que la stricte vérité. C'est assez surprenant, mais quelques part au milieu de la campagne française, une déformation de l'espace-temps vous transporte directement à 9000km de là, dans l'esprit "Ruée vers l'Ouest".



Des terres rouges, oranges et jaunes, rongées par l'érosion, des décors improbables : l'illusion est presque parfaite. Mais en cherchant bien, on découvre rapidement le subterfuge. Déjà les cigales trahissent l'ambiance comme un air de samba au beau milieu d'une grande messe. Ensuite, au-delà du rouge, l'horizon est bordée de verdure et de petits villages aux clochers bien français. Enfin, les Rangers ont un drôle d'accent, peuchère. Non pas de doute, ici c'est bien le Lubéron. L'illusion en question est en fait donnée par d'anciennes carrières d'ocres qui étaient mondialement réputées il n'y a pas si longtemps que cela.
Depuis la chimie industrielle a créé des colorants bien meilleurs marchés, mais avant cela, c'étaient les pigments extraits de ce bout de Provence qui teintait vêtements, briques, céramiques etc. La gamme de terres disponibles va du rouge au violet en passant par des nuances de verts, de jaunes, de roses qui sont effectivement bien plus classiques du coté de Moab et de Bryce Canyon qu'au sein de notre brave vieille Europe. Mais cela n'a pas suffit et les carrières ont du fermer.



Aujourd'hui, seul le tourisme fait vivre le Colorado Provençal (c'est son vrai nom), situé entre Roussillon et Rustrel, à quelques kilomètres d'Apt. Mais cette tâche de rousseur au beau milieu de nulle part vaut vraiment le détour. Alors il faut jouer le jeu, et mentalement remplacer "Départementale" par "Interstate", croire que les panneaux sont en miles et payer son Coke avec une poignées de dollars. Encore un effort et le bruit ambiant ne sera pas dû aux cigales, mais aux serpents à sonnette et l'illusion sera complète. Buffalo "Marius" Bill vous salue bien.





jeudi 21 août 2008

La prochaine Manche


Petite brève pour signaler qu'Yves Rossy - alias FusionMan - a réalisé hier un vol probatoire de plus de 35km (Bex-Villeneuve-Bex) sous sa nouvelle aile en répétition de la traversée de la Manche qu'il compte réaliser courant du mois de Septembre, quelques 99 ans après le vol historique de notre Blériot national. A priori tout s'est passé sans problème, mettant fin à quelques soucis de mise au point de compatibilité électromagnétique. On notera que l'aile de Rossy est toujours montée en quadrimoteur, sachant qu'il prévoit au final de finir avec deux moteurs plus puissants pour gagner en faciliter de mise en oeuvre et en souplesse.

35km, c'est plus qu'il n'en faut pour relier Douvres depuis Calais. Plus rien n'empêche donc Rossy de tenter sa chance et d'inscrire son nom à la place qu'il mérite dans les livres d'Histoire. Pour le coup, s'il réussit, il mettra moins de 10min pour boucler la traversée lorsque notre bon vieux Louis a dû serrer les fesses pendant 38 minutes dans son avion. Et si à l'époque c'est le Daily Mail qui suivait l'équipe des Latham, Blériot et autres Levavasseur, c'est aujourd'hui le National Geographic qui assurera la couverture de la tentative un peu folle du Suisse volant. Le vol devrait être retransmis en direct. On me souffle aussi qu'un livre est en préparation. Stay tuned.

mercredi 20 août 2008

Lavande

Ici en Avril-Mai, les champs sont rouges, c'est la période des coquelicots. L'été arrivant, le ciel devient plus bleu, et le rouge des champs tourne alors au violet : la lavande a pris le relais. C'est donc tout début Juillet que j'ai parcouru le Lubéron et le plateau de Valensole à la recherche de ces lignes mauves qui zèbrent la campagne. Histoire de mieux les répérer, je commence par escalader le Mont Ventoux pour avoir un meilleur point de vue. Mais là haut, c'est encombré de nuages et de Belges en mal de relief. Dommage c'est pourtant un point de vue unique par beau temps, qui permet de voir les Pyrénées, les Alpes et le Massif Central. Allez, je vais vous la jouer à la chinoise, en vous montrant des images pas exactement prises en 2008....



La descente vers le plateau d'Albion et Sault apporte les premières arômes recherchés à mes narines. La palette des violets est variée, mais il manque toujours un petit rayon de soleil. Il faut allez le chercher plus au Sud, je laisse donc Banon et ses fromages derrière moi, la Montagne de Lure sur ma gauche et serpente sur les routes du Lubéron vers la vallée de la Durance. Un petit passage à Forcalquier et voici la rivière avec son cours nonchalant. Un fleuve de galets pour un petit filet d'eau. Tien, de fugaces reflets dorés apparaissent, le soleil est revenu.



Oraison ouvre la porte du plateau de Valensole, il faut passer en seconde pour escalader la petite route qui vous y emmène. Un virage, un camping-car, un petit pont, un autre virage et boum, l'horizon change de couleur : la lavande en cinémascope, avec les parfums en odorama. Une version bio de Sephora... Le déclencheur crépite et les abeilles bourdonnent.




Mais le soleil fini par tomber derrière le plateau, il est temps de rentrer. Alors on se laisse tomber dans le Verdon qui vous ramène sur la Durance. En guise de souvenir, caché dans le coffre, un plant clandestin embaume l'habitacle de senteurs qui résument la journée. Tout ça pour tenter de récréer à la maison un petit bout de ce coin de paradis. Prendra, prendra pas ? De tout façon on y retournera !


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mardi 19 août 2008

Rebond




Cher(e)s amis, famille, collègues, complices, Angelina Jolie, fans, potes, groupies ou simple lecteur de blog, que tous vos doutes disparaissent, Daedalum is "back on track" après une période d'inactivité - longue au goûts de certains - mais nécessaire. Démission, déménagement, emménagement, aménagement, nouveau boulot, nouvelles têtes, anciennes têtes pas vues depuis longtemps, nouvel écran, nouveau cerf-volant, que sais-je encore - ah si - PC ressuscité, nouveau canapé... bref les dernières semaines ont été bien occupées. Mais maintenant que le dernier cadre est posé sur le dernier clou planté et que la poussière retombe, je peux enfin reprendre la plume (et l'hélice).

Me voici donc Salonais, maugréant contre le moindre nuage venant masquer le soleil, pestant contre ces &#%!$@& de Parisiens qui encombrent ma route, siestant au doux son des cigales au fond des calanques. Bref vous l'aurez compris, tout va bien dans le meilleur des mondes. Certes il manque encore une condition pour que tout aille pour le mieux, mais Angelina je sais que tu lis ces lignes et tu sais comme moi que Brad s'occupera très bien des jumeaux tout seul. Tu verras, mon nouveau Salon est très confortable.

Et mes amis, voyez-vous, si Daedalum n'était pas actif en cette période de congés, c'était à la fois pour faire le plein d'actualités, de photos et aussi pour se demander un peu où le vent allait emmener ma plume et mon viseur dans les mois à venir. Aussi il est possible que l'hiver prochain transforme la chenille en papillon et que Daedalum change de robe voire plus si affinités. Wait & See.

Mais en attendant, j'ai quelques billets en stock pour les semaines à venir, où il sera au moins question de tourisme spatial, de Provence, de design, de Colorado, d'avions, de Salon, de photos et de Verdon. Il sera aussi également question de Québec, puisque votre serviteur s'en va visiter cette belle contrée tout début septembre. S'il me sera difficile de tenir un carnet de route comme aux États-Unis, comptez sur moi pour tout vous raconter au retour.

Quoi qu'il en soit chers amis, merci de votre impatience, et j'espère que la suite vous plaira. Que ce soit le cas où non, les commentaires sont mon seul moyen de le savoir. Exprimez-vous ! En attendant, Lucy vous salut bien !