S'envoler est un art

Daedalum

dimanche 18 mai 2008

Où l'on reparle des Suisses

Deux bonnes nouvelles récentes en provenance de Suisse voisine.

La première concerne le projet Solar Impulse de Bertrand Piccard et André Borschberg, après l'accomplissement d'un premier vol de 25h sur la machine, et cela alors que l'avion n'est pas encore construit ! A l'instar des grands constructeur, de manière à débroussailler les problèmes d'ergonomie, de qualité de vol, de procédures, de pannes et aussi de faisabilité (en particulier le vol de nuit pour avion solaire...) au plus tôt, l'équipe de Solar Impulse et l'EPFL ont développé un simulateur très réaliste de la machine, alors qu'un prototype de la cabine a été construit. De fait Bertrand Piccard a pu s'installer au commande de son avion virtuel, accompagné par un visuel à 210° projeté sur écrans autour de la cabine. Décollage virtuelle de Payerne mardi dernier à l'aube, et atterrissage 1 jour et 1 heure plus tard. Re-belote aux mains de Borschberg le surlendemain. Pas de soucis particulier pour le moment, si ce n'est que la station du pilote doit être légèrement revue pour encaisser un peu plus facilement les heures de vol. Le comportement en vol virtuel à l'air sain même si la tenue des paramètres semble délicate. Le projet continue d'avancer sur un bon rythme, et leur promoteur se sentent confiant pour 2011. A noter pour la bonne pérennité du projet, Clarins a rejoint la liste des supporters officiels du projet.

Vous pouvez revivre ces deux vols en accéléré sur leur site très bien réalisé : http://www.solarimpulsevirtualflight.com/



Photos © Solar Impulse/ Stéphane Gros


La seconde nouvelle est le premier vol de démo de Yves Rossy - Fusion man - devant la presse la semaine dernière également. Après avoir transporté les journalistes en hélicoptères sur une crête dominant le Chablais, Yves Rossy s'est élancé d'un avion à 2500m d'altitude avec sa nouvelle aile à réaction et a fait plusieurs passages devant les caméras, et c'est même permis un petit tonneau en fin de démo pour bien montrer la maitrise qu'il a acquis avec son engin. Quelques minutes plus tard, il a atterrit sous voile sur l'aérodrome de Bex où il a donné sa conférence de presse. Rappelons que Rossy est le précurseur du concept d'homme volant, car il pilote son aile uniquement en positionnant son corps par rapport à son aile et à l'air. Il est ainsi capable de prendre les trajectoires qu'il souhaite et même d'avoir des dénivelés positifs contrairement aux parachutiste habillés de wing-suit. Prochaine étape : un peu plus de puissance sur l'aile (2x70kg au lieu de 4x22kg), un peu plus de finesse sans doute, plus de fiabilité et de simplicité et peut être à la clé de tout ça une tentative de traversée de la Manche pour le centenaire en 2009, voir même du Grand Canyon.

http://www.fusionman.ch/



Pour un film HD du vol, rendez vous sur le site Pionnair-GE

mercredi 16 avril 2008

Une photo pour le site du 02.003 :o)

Vous vous souvenez des photos de Cambrai ? Et bien mon ami Sergio, créateur de site web pour ses copains à ses heures perdues (on lui doit entre autre ceux de FoxAlpha, de Ciel & Partage, de la FAQ de F.R.A., de l'Amicale Salis, sur lesquelles vous retrouvez déjà des contributions de votre serviteur, puis récemment le site de l'escadron 01.002 Cigognes), a pensé que l'une d'entre elles pourrait bien servir d'entête pour le site du 02.003 Champagne, escadron de Mirage 2000D basé à Nancy, qui vient d'ouvrir ses portes !



mardi 5 février 2008

SpaceShipTwo dévoilé

Avec quelques jours de retard, je me fais l'écho de la conférence de presse tenue par Richard Branson et Burt Rutan le 23 janvier dernier au Muséum d'Histoire Naturel de New York, au cours de laquelle a été dévoilé le design du SpaceShipTwo (SS2), premier véhicule spatial privé à caractère commercial, et WhiteKnightTwo (WK2), son avion porteur.

Peu de hâte à relayer l'info, car peu d'enthousiasme personnelle à la découverte de ces deux machines. Mauvaise première impression. Là où SpaceShipOne et WhiteKnight1 (SS1/WK1) se présentaient comme deux concepts radicaux, aux formes inédites, à l'aménagement inédit, le tout donnant un design incroyablement simple et futuriste, la deuxième mouture revient à des formes plus classiques.


SpaceShpitTWo et WhiteKnightTwo © Virgin Galactic


Certes le concept reste génial. Même si tout le monde n'a pas 200.000$ à claquer comme ça, c'est quand même très peu cher par rapport à l'exploit réalisé : un bond à 110km d'altitude, au-delà des limites de l'atmosphère, soit 4 minutes d'apesanteur à pouvoir contempler notre petite Planète. Certes on retrouve les idées phares du couple SS1/WK1 dans SS2/WK2 : une seule pointe avant pour les trois fuselages, une aile très fine taillée pour les hautes altitudes, portant en son centre le vaisseau orbital, un vaisseau reprenant le concept de "cassure" pour assurer la stabilité et le freinage dans la phase de rentrée atmosphérique etc. Certes le WK2 sera de fait le plus grand avion construit uniquement en composite : 43m d'envergure, soit plus qu'un Boeing 757 ! Toutefois les nacelles moteurs sont repassées sous l'aile. L'avion porteur n'est plus bipoutre, mais bifuselage. On peut d'ailleurs se demander quelle rigidité aura l'ensemble, sachant que de fait les deux stabilisateurs ne sont plus couplé mécaniquement comme sur le WK1. Enfin, la pointe avant en forme de heaume, qui faisait tout le charme du SS1/WK1, est échangée pour une forme bien plus classique.


Les formes radicales du WhiteKnight © Scaled Composites


Classique, c'est à dire déjà vu. Mais déjà vu où ? Rappelez-vous, fin des années 1980, cette petite navette qui devait faire la fierté des Européens, perchée en haut d'Ariane 5 avec quatre spationautes à bord. Hermes. Sacrifiée sur l'autel des budgets assez rapidement. Elle avait le même nez (et quel nez !) mais qui n'était pas nouveau, puisqu'il reprenait déjà un dessin vu pour la première fois en... 1960, sur le Boeing Dyna-Soar. Un projet qui n'a jamais vu le jour non plus, sacrifié sur l'autel des budgets, mais qui devait faire suite au très célèbre X-15 dans la recherche sur le vol hypersonique. A comparer le SS2 au DynaSoar, on ne peut s'empêcher de leur trouver un fort lien de parenté. Dommage, je préférais le heaume !


Boeing X-20 Dyna Soar, 1960 © NASA


Pour le reste, le WK2 devrait faire son vol cet été, depuis Mojave, propulsé par quatre réacteurs P&W empruntés à l'aviation d'affaire. Dès 2010, décollant d'un SpacePort construit au Nouveau-Mexique, il emmènera sous les couleurs de Virgin Galactic le SS2 à plus de 50.000ft, et le larguera afin qu'il entame sa phase propulsée qui le hissera à 110-130km à plus de Mach 4. Les passagers du vol N+1 assisteront au tir du vol N depuis chacun des deux fuselages aménagés du WK2. Les premiers candidats en sont d'ailleurs déjà à la phase d'entrainement, en centrifugeuse en particulier, pour valider leur capacité à endurer les accélérations qui seront rencontrées lors du vol (jusqu'à 6g lors de la rentrée). Intéressé ?



dimanche 9 décembre 2007

Batman fait du ski

Finalement, pour voler, on peut s'acheter un gros Airbus avec un cockpit comme un sapin de Noël, ou alors on peut s'acheter ça :



Ca s'appelle le Woopy. Les sensations doivent être fabuleuses. Encore une fois, une bonne idée suisse !

Allez, encore un peu pour le plaisir :

High
© Woopy Jump


dimanche 11 novembre 2007

Red Bull Air Races - C'est fini pour 2007

La saison 2007 s'est terminée à Perth le week-end dernier, et pour la première fois le français Ivanoff est monté sur la plus haute marche du podium. Bravo à lui !

Le champion 2007 est l'américain Mike Mangold, déjà vainqueur en 2005. A savoir qu'il était à égalité avec l'anglais Paul Bonhomme en terme de points, 1ere place, 2e place, 3e place, 4e place, 5e place et éliminatoires remportés. Ce n'est que 0.5s malheureuses petites secondes de moins lors d'un éliminatoire à Porto qui permet de les départager !



10 pilotes, 10 courses, 9 pays hôtes et surtout beaucoup beaucoup de spectateurs. Red Bull est en passe de réussir à fermement établir ce championnat dans la paysage sportif et aéronautique. Pour avoir pu assister à celle de San Diego cette année, je dois dire que ça vaut le détour, même si c'est pas facile à rendre en photo. Les vidéos assurent un bien meilleur rendu. Rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles sensations.



lundi 5 novembre 2007

Solar Impulse Alpha

Ce lundi 5 novembre s'est tenue la conférence de presse de présentation du prototype HB-SIA, alias Solar Impulse Alpha, qui servira de démonstrateur de faisabilité pour le projet Solar Impulse. D'une envergure de 60m, mu par quatre moteurs électriques, il est plus petit que son grand-frère qui sera utilisé pour la tentative de tour du monde. L'objectif de HB-SIA est de démontrer qu'un tel concept est décollable, pilotable, et peut voler tout un jour et une nuit sans une goutte de carburant.


Photo (c) Solar Impulse/EPFL


Actuellement construit dans un hangar de l'aéroport de Dübendorf, après seulement 4 ans que le projet ait démarré, HB-SIA doit effectuer ses premiers sauts de puces en 2008 à Dübendorf avant d'être transféré à Payerne pour les essais de vol libre. Il sera ensuite éventuellement transféré dans un lieu un peu plus ensoleillé que la Suisse si nécessaire pour le vol de 36h, en 2009. Une fois cette phase de faisabilité passée avec succès, le grand frère sera construit en tirant les enseignements des vols de HB-SIA et s'élancera à son tour en 2011.

Bertrand Piccard et André Borschberg ont donc présenté ce grand oiseau aujourd'hui. Une grande aile droite aussi large que celle d'un A340-600 et très allongée, recouverte de 200m² de panneaux solaires, quatre petits moteurs électriques entrainant une hélice biplace chacun, placés sous nacelles - deux proches du fuselage (pour une meilleure efficacité de la profondeur ?) et deux relativement éloignées (pour réduire les efforts sur la voilure) - un train monotrace et deux balancelles comme le U-2, un fuselage "poutre", un cockpit monocorps non chauffé (l'avion atteindra pourtant des altitudes assez élevés, et donc des températures assez froides). Les chiffres sont assez impressionnants : une charge alaire de 8kg/m², c'est à dire un avion hyper-sensible à la turbulence, 4x10ch pour la propulsion, 1500kg dont 400 de batterie, autant dire qu'il n'y aura pas beaucoup de marge de manœuvre.


Outre l'aspect aéronautique, l'accent (suisse) a été mis sur 'the Spirit of Solar Impulse", cher à Bertrand Piccard, à savoir démontrer qu'on pouvait penser développement durable et progrès écologique sans que cela devienne une contrainte et une régression de qualité de vie. L'idée n'est pas de s'arrêter de vivre pour ne plus polluer, mais d'utiliser tout ce que la technologie nous offre pour avoir la même qualité de vie en polluant moins. Et Piccard entend bien promouvoir ce discours aux quatre coins de la planète aux commandes de ces avions.



Photo (c) Solar Impulse/EPFL


L'équipe Solar Impulse semble aujourd'hui très forte en terme de ressource techniques et financières, et le projet a déjà une maturité impressionnante à peine quatre ans après les premières ébauches, sachant que pour cette avion il n'a pas suffit de refaire mieux, il a fallu créer, innover et prendre des risques. Toutefois, outre son équipe d'ingénieur, le projet peut compter sur des compétences diverses au travers de l'EPFL, qui étudie les matériaux, la formule aéro et différentes technologies (et qui au passage a réalisé ces images), Dassault Aviation pour la structure et les commandes de vol, Altran qui développe le simulateur, Solvay pour les matériaux, Omega et Deutsche Bank. Difficile de partir de la feuille blanche, mais pourtant aujourd'hui, vu l'avancement et étant donnée la motivation qu'on connait chez Bertrand Piccard, difficile d'imaginer que ce projet n'ira pas au bout !

Certes la route est encore longue, mais elle devient concrète

Liens :
La conférence de presse du 05/11/2007

Le site Solar Impulse

Le site dédié de la TSR