Petite brève pour signaler qu'Yves Rossy - alias FusionMan - a réalisé hier un vol probatoire de plus de 35km (Bex-Villeneuve-Bex) sous sa nouvelle aile en répétition de la traversée de la Manche qu'il compte réaliser courant du mois de Septembre, quelques 99 ans après le vol historique de notre Blériot national. A priori tout s'est passé sans problème, mettant fin à quelques soucis de mise au point de compatibilité électromagnétique. On notera que l'aile de Rossy est toujours montée en quadrimoteur, sachant qu'il prévoit au final de finir avec deux moteurs plus puissants pour gagner en faciliter de mise en oeuvre et en souplesse.
35km, c'est plus qu'il n'en faut pour relier Douvres depuis Calais. Plus rien n'empêche donc Rossy de tenter sa chance et d'inscrire son nom à la place qu'il mérite dans les livres d'Histoire. Pour le coup, s'il réussit, il mettra moins de 10min pour boucler la traversée lorsque notre bon vieux Louis a dû serrer les fesses pendant 38 minutes dans son avion. Et si à l'époque c'est le Daily Mail qui suivait l'équipe des Latham, Blériot et autres Levavasseur, c'est aujourd'hui le National Geographic qui assurera la couverture de la tentative un peu folle du Suisse volant. Le vol devrait être retransmis en direct. On me souffle aussi qu'un livre est en préparation. Stay tuned.
Deux bonnes nouvelles récentes en provenance de Suisse voisine.
La première concerne le projet Solar Impulse de Bertrand Piccard et André Borschberg, après l'accomplissement d'un premier vol de 25h sur la machine, et cela alors que l'avion n'est pas encore construit ! A l'instar des grands constructeur, de manière à débroussailler les problèmes d'ergonomie, de qualité de vol, de procédures, de pannes et aussi de faisabilité (en particulier le vol de nuit pour avion solaire...) au plus tôt, l'équipe de Solar Impulse et l'EPFL ont développé un simulateur très réaliste de la machine, alors qu'un prototype de la cabine a été construit. De fait Bertrand Piccard a pu s'installer au commande de son avion virtuel, accompagné par un visuel à 210° projeté sur écrans autour de la cabine. Décollage virtuelle de Payerne mardi dernier à l'aube, et atterrissage 1 jour et 1 heure plus tard. Re-belote aux mains de Borschberg le surlendemain. Pas de soucis particulier pour le moment, si ce n'est que la station du pilote doit être légèrement revue pour encaisser un peu plus facilement les heures de vol. Le comportement en vol virtuel à l'air sain même si la tenue des paramètres semble délicate. Le projet continue d'avancer sur un bon rythme, et leur promoteur se sentent confiant pour 2011. A noter pour la bonne pérennité du projet, Clarins a rejoint la liste des supporters officiels du projet.
La seconde nouvelle est le premier vol de démo de Yves Rossy - Fusion man - devant la presse la semaine dernière également. Après avoir transporté les journalistes en hélicoptères sur une crête dominant le Chablais, Yves Rossy s'est élancé d'un avion à 2500m d'altitude avec sa nouvelle aile à réaction et a fait plusieurs passages devant les caméras, et c'est même permis un petit tonneau en fin de démo pour bien montrer la maitrise qu'il a acquis avec son engin. Quelques minutes plus tard, il a atterrit sous voile sur l'aérodrome de Bex où il a donné sa conférence de presse. Rappelons que Rossy est le précurseur du concept d'homme volant, car il pilote son aile uniquement en positionnant son corps par rapport à son aile et à l'air. Il est ainsi capable de prendre les trajectoires qu'il souhaite et même d'avoir des dénivelés positifs contrairement aux parachutiste habillés de wing-suit. Prochaine étape : un peu plus de puissance sur l'aile (2x70kg au lieu de 4x22kg), un peu plus de finesse sans doute, plus de fiabilité et de simplicité et peut être à la clé de tout ça une tentative de traversée de la Manche pour le centenaire en 2009, voir même du Grand Canyon.
Vous vous souvenez des photos de Cambrai ? Et bien mon ami Sergio, créateur de site web pour ses copains à ses heures perdues (on lui doit entre autre ceux de FoxAlpha, de Ciel & Partage, de la FAQ de F.R.A., de l'Amicale Salis, sur lesquelles vous retrouvez déjà des contributions de votre serviteur, puis récemment le site de l'escadron 01.002 Cigognes), a pensé que l'une d'entre elles pourrait bien servir d'entête pour le site du 02.003 Champagne, escadron de Mirage 2000D basé à Nancy, qui vient d'ouvrir ses portes !
Avec quelques jours de retard, je me fais l'écho de la conférence de presse tenue par Richard Branson et Burt Rutan le 23 janvier dernier au Muséum d'Histoire Naturel de New York, au cours de laquelle a été dévoilé le design du SpaceShipTwo (SS2), premier véhicule spatial privé à caractère commercial, et WhiteKnightTwo (WK2), son avion porteur.
Peu de hâte à relayer l'info, car peu d'enthousiasme personnelle à la découverte de ces deux machines. Mauvaise première impression. Là où SpaceShipOne et WhiteKnight1 (SS1/WK1) se présentaient comme deux concepts radicaux, aux formes inédites, à l'aménagement inédit, le tout donnant un design incroyablement simple et futuriste, la deuxième mouture revient à des formes plus classiques.
Certes le concept reste génial. Même si tout le monde n'a pas 200.000$ à claquer comme ça, c'est quand même très peu cher par rapport à l'exploit réalisé : un bond à 110km d'altitude, au-delà des limites de l'atmosphère, soit 4 minutes d'apesanteur à pouvoir contempler notre petite Planète. Certes on retrouve les idées phares du couple SS1/WK1 dans SS2/WK2 : une seule pointe avant pour les trois fuselages, une aile très fine taillée pour les hautes altitudes, portant en son centre le vaisseau orbital, un vaisseau reprenant le concept de "cassure" pour assurer la stabilité et le freinage dans la phase de rentrée atmosphérique etc. Certes le WK2 sera de fait le plus grand avion construit uniquement en composite : 43m d'envergure, soit plus qu'un Boeing 757 ! Toutefois les nacelles moteurs sont repassées sous l'aile. L'avion porteur n'est plus bipoutre, mais bifuselage. On peut d'ailleurs se demander quelle rigidité aura l'ensemble, sachant que de fait les deux stabilisateurs ne sont plus couplé mécaniquement comme sur le WK1. Enfin, la pointe avant en forme de heaume, qui faisait tout le charme du SS1/WK1, est échangée pour une forme bien plus classique.
Classique, c'est à dire déjà vu. Mais déjà vu où ? Rappelez-vous, fin des années 1980, cette petite navette qui devait faire la fierté des Européens, perchée en haut d'Ariane 5 avec quatre spationautes à bord. Hermes. Sacrifiée sur l'autel des budgets assez rapidement. Elle avait le même nez (et quel nez !) mais qui n'était pas nouveau, puisqu'il reprenait déjà un dessin vu pour la première fois en... 1960, sur le Boeing Dyna-Soar. Un projet qui n'a jamais vu le jour non plus, sacrifié sur l'autel des budgets, mais qui devait faire suite au très célèbre X-15 dans la recherche sur le vol hypersonique. A comparer le SS2 au DynaSoar, on ne peut s'empêcher de leur trouver un fort lien de parenté. Dommage, je préférais le heaume !
Pour le reste, le WK2 devrait faire son vol cet été, depuis Mojave, propulsé par quatre réacteurs P&W empruntés à l'aviation d'affaire. Dès 2010, décollant d'un SpacePort construit au Nouveau-Mexique, il emmènera sous les couleurs de Virgin Galactic le SS2 à plus de 50.000ft, et le larguera afin qu'il entame sa phase propulsée qui le hissera à 110-130km à plus de Mach 4. Les passagers du vol N+1 assisteront au tir du vol N depuis chacun des deux fuselages aménagés du WK2. Les premiers candidats en sont d'ailleurs déjà à la phase d'entrainement, en centrifugeuse en particulier, pour valider leur capacité à endurer les accélérations qui seront rencontrées lors du vol (jusqu'à 6g lors de la rentrée). Intéressé ?
Le champion 2007 est l'américain Mike Mangold, déjà vainqueur en 2005. A savoir qu'il était à égalité avec l'anglais Paul Bonhomme en terme de points, 1ere place, 2e place, 3e place, 4e place, 5e place et éliminatoires remportés. Ce n'est que 0.5s malheureuses petites secondes de moins lors d'un éliminatoire à Porto qui permet de les départager !
10 pilotes, 10 courses, 9 pays hôtes et surtout beaucoup beaucoup de spectateurs. Red Bull est en passe de réussir à fermement établir ce championnat dans la paysage sportif et aéronautique. Pour avoir pu assister à celle de San Diego cette année, je dois dire que ça vaut le détour, même si c'est pas facile à rendre en photo. Les vidéos assurent un bien meilleur rendu. Rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles sensations.