USA’10 – Day 1 – Scout toujours !

Le 25 juillet 2010 restera-t-il comme le meilleur jour pour visiter Washington ? Après une «grosse nuit» qui se termine à 6h30, je décide de profiter de la belle lumière matinale pour aller faire des photos sur le Mall avant de revenir à Dulles plus tard dans la matinée pour visiter le National Air & Space Museum.

Premier constat en sortant de l’hôtel : il fait déjà très chaud. Mais vraiment. Et il n’est que 7h. De la bonne chaleur bien étouffante. Ca promet, la radio annonce qu’on va fleurter avec la fameuse barre des 100°F (38°C) en cours de journée.

Petit trajet vite fait en voiture, pas grand monde à cette heure un dimanche matin, et je découvre le Mall toujours aussi majestueux, la Virginie et DC étant des états très verts. J’arpente les pelouses, passe le Washington Monument (l’obélisque), le World War II Memorial, la Maison Blanche. Le Capitole apparait en contre jour sur sa colline au bout de la perspective sillonnée par les joggeurs.

Et puis ce fut l’invasion…


J’aurai du voir les signes avant coureur un peu plus tôt, en croisant mon premier troupeau de scouts au pied de l’obélisque, qui laissait sur sa gauche un grand chapiteau frappé du slogan «100 years of Scout Jamboree»

Vint un deuxième troupeau qui essayait de se prendre en photo avec les services secrets devant la Maison Blanche. Puis un troisième devant le WWII Memorial. C’était fini, ils étaient absolument partout, venus de tous les comtés de tous les Etats de la Confédération pour porter haut les valeurs du scoutisme, ici, à la Capitale.

Des scouts verts, des scouts bleus, des scouts rouges, des scouts à lunettes, des scouts paramilitaires, des petits scouts petits, des grands scouts, des scouts acnéiques, des scouts religieux, bref, toutes la panoplie. Et le grand jeu de la journée fut de faire des photos sans un scout dessus. Where is NOT Charlie ?

Je poursuis en descendant le Reflecting Pool direction le Lincoln Memorial. Population locale : 49,95% de japonais, 49,95% de scouts et moi, et moi et moi. Même à l’ombre du grand Abraham, il commence vraiment à faire très très chaud, genre je ne peux pas être moins habillé et je brûle alors qu’il n’est que 10h du matin.

Je pousse jusqu’au Vietnam Memorial et au Korean Veterans Memorial mais j’abdique, je bats en retraite vers la voiture et sa clim salvatrice. Évidemment, je me perds pour sortir du centre ville à cause des rues barrées pour le défilé des scouts…

40 minutes plus tard, arrivée au National Air & Space Museum, site Udvar Hazy, qui est le site «secondaire» du NASM, le site principal se trouvant sur le Mall. Quand j’étais venu pour la 1ere fois ici il y a 15 ans, ce n’était encore un projet qui devait sortir de terre. Mais voilà, 15 ans plus tard, le bâtiment est là, imposant.

Mais évidemment…. plein de scouts !

Heureusement, le bâtiment est grand (doux euphémisme). Suffisamment grand pour loger une navette spatiale, un Blackbird, un Concorde, un Super Constellation, le proto du 707, Enola Gay et une cinquantaine d’autres avions.
Au début je suis même surpris, un petit scout par ci, un gros scout par là, on est loin des troupeaux. Et puis la faim me vient sur les coups de midi et je dirige vers l’unique cafèt du musée, un McDo. J’ai trouvé là, pour mon grand malheur, le repère de ces horribles bestioles. 6 files de scouts, bien alignées, d’au moins 60 individus chacune, remplissant le moindre espace libre de ce pauvre restaurant pris d’assaut.

Je prends ma faim en patience et je continue à faire le tour du musée : c’est dingue de voir autant d’avions uniques au même endroit au même moment, et c’est d’autant plus dingue de se dire que ce n’est que le site «secondaire» du NASM. De rarissimes avions japonais et allemands de la Seconde Guerre (que j’avais vu en restauration il y a 15 ans), une demi douzaine d’avions ayant effectués un tour du monde, dont le fameux Winnie May de Wiley Post et le non moins fameux Global Voyager de Steve Fossett, un XV-15, une série «Vietnam» de toute beauté, l’appareil crépite. Scouts ou pas je me régale. Mais mon ventre n’a que faire de cette nourriture spirituelle et il réclame son dû. J’y retourne, une fois, deux fois, trois fois, rien n’y fait, les files d’attentes semblent ne pas réduire. Il me faudra attendre 15h pour pouvoir manger mon Big Mac. Not so fast food.

Et une fois que les Lemmings avaient fini de manger, évidement ils avaient envahi les allées du musées. Je ressors du musée outrageusement climatisé et je me prends une méchante claque. L’air est à pas loin de 40°C et ça souffle fort. On est juste sur le front d’un orage noir qui arrive sur Dulles. J’ai juste le temps d’aller chercher une carte mémoire à la voiture avant que ne s’abattent des trombes d’eau. J’espère que ca va vite passer parce qu’il faut que je retourne en ville dans 45min et j’ai pas vraiment envie de conduire la dessous.

Je boucle mon tour de cet incroyable musée, j’y aurai bien encore passé une heure ou deux. Mais voilà j’ai un avion qui m’emmène à Milwaukee ce soir. Je reprends la voiture sans trop de marge, et tombe dans les bouchons de fin de week-end. Malgré la clim, je m’impose un dernier coup de chaleur en arrivant tout juste à Reagan Airport, 10min avant la fin de l’enregistrement. Tant pis pour le plein d’essence, pas le temps. Je me presse, je courre dans les couloirs, je mouille le maillot…. pour finalement apprendre que mon vol à une heure de retard. Soupir. Je rêve d’un punching ball avec un bandana et un chapeau de ranger.

J’en profite pour me poser un peu et taper ce billet dans le hall. L’hôtesse fait des annonces que je ne comprends pas, elle bouffe tous les mots et le son est inaudible. Mes voisins n’ont pas l’air beaucoup plus à l’aise que moi. Le genre de situation dans laquelle on se dit «bon, ben j’espère que j’ai pas loupé un truc important…»

Décollage en fin de journée sur DC, avec un joli départ baïonnette au dessus du Potomac pour éviter l’obélisque, ce qui donne un point de vue imprenable sur le Pentagone et le cimetière d’Arlington.

Je finis le billet dans l’avion et – miracle de la technologie – je l’envoie sur la toile alors que je suis à Mach 0.8 à 30000 pieds.

Finalement, le 25 juillet 2010 restera-t-il comme le meilleur jour pour visiter Washington ? Peut être pas aussi beau que ce jour d’avril 1995, avec les cerisiers en fleurs et les défilés des Miss de tous les Etats à l’arrière de magnifiques décapotables des années 60, mais un jour tout aussi mémorable, sans aucun doute.

PS : Pour les photos, vous m’excuserez, mais j’ai comme qui dirait oublié le petit câble qui permet de vider les cartes mémoires. Le temps d’en racheter un et je corrigerai le tir

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