Le Rêve Américain – Part IX – Grand Canyon

PUTAIN CA CAILLE ! Heureusement le duvet est bon, et la nuit se passe bien au chaud. Au levé – 6h – c’est une autre histoire, parce qu’il faut sortir du sac ! « Ouh nom de Dieu mais ça caille sa mère dans ce bled. » 2°C, pas un de plus. Ca fait de la vapeur quand tu expires. Je mets 4 épaisseurs, les gants, le serre-tête, le cache-cou, me prépare un kawa bien chaud pendant que le voisin finit sa nuit dans la voiture avec le chauffage.

A 7h30, je suis sur les bords du canyon, direction Indian’s Garden et Plateau Point, 10km plus loin et 950m plus bas. Je n’irai pas jusqu’au fond, rivière Colorado, parce que c’est encore plus loin et plus bas, et plus ça serait trop. La balade est déjà sensée durée 8h, ça va bien comme ça. Et depuis Plateau Point, on voit très bien la rivière. Je profite de la lumière matinale qui sculpte bien les reliefs pour prendre pas mal de photos lors de la descente. Le Canyon sous toutes ses coutures.



C’était déjà impressionnant d’en haut, mais ça l’est autant d’en bas. En plus on voit bien la différence de type de sol au fur et à mesure qu’on descend et qu’on parcourt les différentes couches géologiques. C’est comme compter les stries sur la souche d’un arbre, on a l’impression de remonter dans le temps.


Le temps d’ailleurs, quelle heure est il ? 10h30, ça y est je suis arrivé à Plateau Point. De là, on découvre encore un canyon dans le canyon, car le Colorado coule bien plus bas, couleur boue. Mais le voir serpenter la haut milieu et se dire que c’est lui l’artisan de cette sculpture, ça fait quelque chose.



Trêve à la contemplation, il est temps de faire demi-tour. J’ai mis trois heures pour descendre, ça veut dire au moins 5h pour remonter, plus les pauses et le miam, ça me ramènera en haut juste à temps. Fini le froideur matinale, le soleil et bien là et il fait chaud sous le bob. J’enfile mes sandwichs improvisés à Indians Garden, remplit les bouteilles d’eau, et allez, c’est parti pour la grande ascension. Et là surprise, je ne sais pas qui a mit de la potion magique dans mon café du matin, mais grimpe ça « like a fucking rocket » comme ils disent ici. En 2h30 je suis en haut, en faisant des pauses à chaque tiers, ou il y a une petite aire de repos (les sentiers locaux, les « trails », tenant de l’autoroute de rando). Lors d’une de ces pauses, je rencontre Tac, le gardien du Canyon. Perché sur son bloc rocheux qui surplombe le plateau de 300m apic, Tac l’écureuil surveille. Et il observe le ciel qui bleuoie et le canyon qui rougeoitt, et laisse facilement approcher. C’est bien pratique ce pays où les animaux font un peu moins leur chochotte et où il n’y a pas besoin de se trimballer un 600mm pour les prendre en photo.


Bon, ben voilà, il est 14h et je suis déjà en haut, avec 3h d’avance sur le planning… Que faire ? Parce que bon, le canyon je l’ai bien vu là, et avant le couché de soleil, il va pas beaucoup changer. Eh, mais il y avait ce musée hier devant lequel je suis passé ! Le Plame of Fame. Ni une, ni deux, je file me changer à la tente, enfourche ma Hyundai et hop, direction Valle pour faire la visite du musée.

Bien m’en prends puisqu’il s’y cache quelques oiseaux pas banals : Me109, Grumman Duck, A-26, Curtiss Robin, Stinson Reliant, Okha, Grumman F3F2, Constellation, Pitts avec double train (pour atterrir sur le dos) etc. 16h, il est temps de rentrer sur Grand Canyon pour le sunset. Je dois à un camion de ne pas avoir fait connaissance des policiers locaux, parce que s’il n’avait pas été là il y aurait bien eu 15 MPH de plus au compteur.


J’arrive à temps à Canyon, prends la navette gratuite qui parcourt le côté ouest du parc. Elle m’emmène à Hopi Point (les Hopi sont les indiens locaux avec les Navajo), qui embrasse un panorama plein Est sur le Canyon, parfait pour les photos. C’est difficile de rendre ce qu’est vraiment le Canyon en image. On a pas l’échelle des distances pour se faire une idée. Quand le soleil est bas toutefois, cela creuse les reliefs et découpe les ombres, ce qui permet de se faire une meilleure idée.




Je mitraille, donc, et à 18h15, quand la lumière devient trop faible, je me rentre sur le Village. J’en profite pour écrire quelques cartes, manger un morceau à la cafet’ locale (parce que la bouffe que j’avais acheté se prépare en fait… au micro-onde, pas très pratique avec un réchaud à gaz…), et achète une carte routière pour les jours à venir. Demain, je quitte l’Arizona pour le 4e et dernier Etat de ma balade, l’Utah (prononcer IIIuuuutaa). Monument Valley dans un premier temps, puis Arches, puis Bryce et enfin Zion. Des kilomètres, mais surtout des belles choses en perspective.

2 commentaires

  1. Merci pour ces quelques mots (que l’on attend chaque jour avec impatience)… Super les photos … tu fais exprès de prendre les avions? au fait ton ecureuil il avait quel gout? Pour ma part je pense que c’etait plutôt une marmotte.. allez plein de bisous et encore merci

    CLYZ

  2. Ouah Quelles photos du Grand Canyon !
    C’est vrai que c’est decourageant, Plateau Point n’est que la moitié du chemin: il reste ~900 m pour descendre jusqu’au Colorado. Tu as eu bien raison d’opter pour un repli prudent malgré la forme olympique !

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