Mon Rêve Américain – Part II Bis – Reno Air Races

Quand j’avais 14 ans je lisais les Warbirds Worldwide que me passait mon oncle, et j’attendais toujours le numéro de fin d’année, car c’est celui qui relatait les courses de Reno de l’année. Et je bavais sur des noms comme Strega, Dago Red, Rare Bear, Precious Metal, Critical Mass, Super Corsair etc.

Reno, c’est le seul survivant d’un concept qui avait une bonne audience dans les années 30 : les courses d’avions. A l’époque il y en avait plusieurs sur le territoire américain, tout au long de l’année, récompensée par des sommes intéressantes. Des pilotes comme Jimmy Doolittle s’y firent un nom. Le concept est simple : un « hippodrome » balisé par des pylônes, des avions survitaminés qui doivent parcourir un certain nombre de tours et que le plus rapide gagne.

70 ans plus tard, il n’y a qu’à Reno qu’on peut encore voir cela. Mais en grand ! Reno Stead Airfield, c’est un plateau à 1500m dans la Sierra, à deux pas de la plus grande des petites villes du monde. Et pendant un semaine par an, c’est le rendez-vous des amateurs de métal hurlant de la planète. Ici, on voit des avions uniques. Tellement uniques qu’ils sont tous affublés d’un nom, et personne ne parle du Sea Fury rouge ou du Mustang violet, mais de September Fury ou de Voodoo. Unique parce que d’ailleurs, ce ne sont plus ni des Sea Fury, ni des Mustang. La forme générale est là, mais tout est modifié, allégé, gonflé dans un seul but : la vitesse. Et les moteurs développent pour certains plus de 4000ch (le double de la puissance initiale) et propulsent ces obus ailés à plus de 800km/h à 50m du sol. Et les vétérans Strega, Miss America, Precious Metal Rare Bear sont là et encore vigoureux.

Reno, ce n’est pas un meeting aérien. C’est une course. Une vraie, avec des circuits, des catégories, des écuries, des qualifs, des sponsors, des stands, des mécanos, des chronos, des dépassements, des sorties de trajectoires, des gagnants, des perdants, des casses mécaniques, des casses humaines aussi malheureusement. Alors, certes, entre deux courses, il y a une démo ou deux, mais c’est vraiment pour faire passer le temps. Et quand on y reste un peu de temps, on voit le moral des équipes évoluer au fur et à mesure des diverses fortunes et infortunes, on voit les moteurs se faire changer parce que cramé sur la dernière course et surtout on voit les mécanos polisher les avions comme des pierres précieuses.







Ce que je retiendrai de Reno, outre le rêve de gosse qui se réalise, outre les zincs exubérants, et les courses à 500mph, c’est l’esprit. Partout des gens adorables, passionnées par ce qu’ils voient, respectueux des autres, entamant la discussion en toute occasion. Bref, génial. J’y retournerai sans aucun doute, mais la semaine ce coup ci. Halte au blabla, laissons parler les photos.

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